Les colonies de vacances : on y part en pleurant on en revient grandi

colonies de vacancesTous commence par des larmes au moment du départ. Rapidement les chansons vont envahir le car, à partir de ce moment : c’est l’aventure qui commence. Se faire de nouveaux copains, ne pas être sous le regard des parents, apprendre mille et une choses, et au final : revenir un peu plus grand.

Ceux qui ont fait des colonies de vacances en gardent des souvenirs inoubliables. Certes il y a la douloureuse séparation au moment du départ, mais on a tellement à gagner ensuite à rencontrer de nouveaux amis. Et puis la vie en groupe est une expérience enrichissante, on y apprend à s’affirmer et en très peu de temps on devient plus autonome.

Ce laps de temps de quelques jours passé avec les monos, permet également de s’identifier à d’autres personnes que ses parents. Ne plus se trouver sous leur regard permet de grandir d’un coup.

Les petits chagrins aussi sont nécessaires pour évoluer. On devient moins naïf en prenant conscience que l’on vit dans un monde qui ne ressemble pas à l’image idyllique que l’on peut avoir enfant. Le fait que cela arrive loin du regard des parents permet à l’enfant d’apprendre à gérer les choses seul, à sa façon. En colo les enfants ont ce sentiment d’exister par eux-mêmes.

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Se séparer pour mieux se retrouver

Première séparation = première souffrance. La colo permet de s’affranchir peu à peu de l’amour parental. C’est difficile certains soirs à l’heure du coucher. Heureusement, il y aura souvent un mono ou une copine qui viendra nous consoler. En colo, un enfant prend conscience que ses parents l’aiment et pensent à lui, même à distance. Le téléphone et les sms sont là pour en témoigner et faire patienter jusqu’aux retrouvailles,  même si elles annoncent une autre séparation : celle avec les ami(e)s.

L’objectif de toute éducation n’est elle pas d’aider l’enfant à se préparer au départ ? En cela, les colonies de vacances ont une utilité incontestée, elles sont une étape importante dans la vie d’un enfant.

Prendre conscience de sa propre valeur

Certains enfants ont du mal à se faire accepter et servent même parfois de souffre-douleur aux autres. Chacun devra réussir à tirer son épingle du jeu souvent sans l’intervention d’un adulte. Ces expériences font grandir car l’enfant réalise qu’il peut se défendre seul.

Les colonies sont donc une formidable occasion d’affirmation de soi. L’enfant qui réussit à se sortir d’une difficulté sans l’aide de ses parents en revient avec une meilleure image de lui. Il prend conscience de sa valeur et exige dès lors qu’on le respecte.

Rencontrer des amis « temporaires »

Les copains/copines, les premières amourettes sans lendemain : partir en colonie est une bonne approche de la rupture affective et/ou amoureuse. On l’a aimé si fort, quitté si vite… re-larme en perspective évidemment.

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En attendant, on tisse des liens avec d’autres enfants du même âge, en expriment nos goûts et nos aspirations : en affirmant qui l’on est, en toute liberté. Des choix de fréquentation qui n’appartiennent qu’à nous-même, avec leur lot d’erreurs ou regrets possibles, et c’est tant mieux. En choisissant seul, on s’affranchit du jugement de ses parents et gagne son indépendance.

La vie en groupe implique aussi une proximité qui n’est pas toujours facile. Certains enfants souffrent de la promiscuité. Mais au final, ce sont les bons souvenirs qui l’emportent.

Se confronter à de nouveaux modèles

La colonie est le lieu par excellence où enfants, et surtout adolescents, échangent et défendent leurs opinions, entre deux descentes de rivière ou pendant les veillées. Avec leurs copains bien sûr, mais aussi avec les moniteurs, des adultes, mais souvent plus proches d’eux en âge que leurs parents. Le mono est un peu le grand frère ou la grande sœur qui aide à prendre ses distances vis-à-vis de la famille.

Cette complicité avec l’adulte permet aux enfants de construire leur identité. Ils y voient les premiers modèles positifs en dehors de la famille et de l’école. Et puis, apprendre à monter une tente sous la pluie, jouer de la guitare, construire des cabanes avec 3 lianes : sont des souvenirs qui ne s’effacent pas comme ça.

Devenir autonome

colonies de vacancesOn vocifère quand les monos nous obligent à finir notre assiette avant d’aller à la piscine, mais comme ils sont plus coulants sur les gros mots et acceptent qu’on organise des boums… Entre la maison et la colo : c’est le jour et la nuit. En comparant ces modes de vie, les enfants prennent du recul vis-à-vis de l’éducation de leurs parents.

A l’inverse, il mesure la chance d’avoir une maman câline ou un papa qui cuisine mieux qu’à la cantine de la colo. Surtout, il grandit parce que ni l’un ni l’autre ne sont là pour faire son lit ou l’aider à préparer son baluchon pour le bivouac. La colo est une merveilleuse école d’autonomie et de responsabilité : c’est l’école de la vie.

De plus, les parents ne sont pas à l’abri d’un petit miracle au retour. Tout à coup, mettre la table ou balayer la cuisine n’est plus  » trop la haine « .

Des conseils pour pas se tromper

Daniel Marcelli est professeur et Chef du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent au centre hospitalo-universitaire de Poitiers vous donne quelques conseils avisés :

  • Choisissez un séjour court : une semaine pour un enfant de 5-6 ans, quinze jours pour les plus grands. Et proposez-lui de partir avec un copain.
  • Impliquez votre enfant dans le choix et la préparation du voyage. Ainsi, il pourra se l’approprier. L’exercice est aussi utile pour vous. Imaginer où se trouve son enfant permet de l’avoir sinon près de soi, au moins dans sa tête.
  • Inutile de lui donner des photos de vous ou de poster des lettres qui arriveront avant lui. Tentez de vous convaincre qu’il est indispensable qu’il connaisse d’autres expériences.
  • Laissez votre conjoint ou les parents d’un copain l’accompagner le jour du départ si vous redoutez d’avoir une crise de larmes.

Sources : En colo : des larmes qui font grandir, paru sur psychologie.com

pour les nostalgiques : retro-colo.fr

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