Trois étudiantes développent une paille-test contre la « drogue du violeur »

Un groupe d’étudiantes de Miami a développé une paille-test qui peut détecter si une boisson a été enrichie ou non par un composé chimique malveillant. Leur paille change de couleur lorsqu’elle entre en contact avec deux des principaux composés chimiques que l’on retrouve dans la « drogue du violeur », également connue sous le nom GHB.

drogue du violeur

De gauche à droite, Victoria Roca, Carolina Baigorri et Susana Cappello avec leur paille-test contre la drogue du violeur – crédit photo CM GUERRERO. Cmguerrero@elnuevoherald.com

Trois étudiantes développent une paille-test contre la « drogue du violeur »

Les trois étudiantes ont remporté le prix du « Miami Herald’s Business Plan Challenge« . L’invention, appelée Smart Straws, est conçue pour être suffisamment petite pour être transportée dans un sac à main, tout en étant rapide et précise.

Une fois placée dans une boisson suspectée, le consommateur saura si son verre est exempt de GHB (voir fiche Wiki), également appelée la « drogue du violeur ».

Les juges du concours ont aimé la simplicité du concept – un juge l’a qualifié de brillant – parce que les pailles pourraient, par exemple, être distribuées par les organismes scolaires et les cliniques de santé des campus ; puis facilement transportées. Susana Cappello, l’une des trois étudiantes à l’origine de la paille-test, explique les motivations du petit groupe d’amies :

les viols sous drogues ou alcools sont trop fréquents (…)  nous voulons simplement donner à chacun un outil simple pour se protéger.

Utilisation de la drogue du violeur en hausse aux USA

L’utilisation de la drogue du violeur, dans les universités aux USA, est en hausse ces dernières années. La moitié des personnes interrogées pour une enquête sur l’étendue de la diffusion de ces produits, disent connaître au moins une personne qui a été droguée lors d’une fête. D’autre part, on estime aujourd’hui qu’une jeune Américaine sur cinq sera agressée sexuellement au cours des quatre années d’étude supérieure qu’elle effectuera.

Les trois étudiants ont eu l’idée de la paille-test, estimant que les tests existants par médicaments n’étaient pas très pratiques, et donc rarement utilisés. Au départ, elles ont tenté d’adapter le procédé dans un bijoux, avant de se tourner vers l’utilisation de la paille.

Format pratique et utilisation simplissime

C’est un choix judicieux, car ce nouveau format pourrait être largement distribué aux étudiants qui pourront le transporter en toute simplicité. En effet, la paille-teste peut être glissée facilement dans un sac à main, par exemple, pour pouvoir être utilisée par la suite en toute discrétion. D’ailleurs, parmi les étudiantes interrogées, 85% d’entres elles ont déclaré qu’elles pourraient l’utiliser.

Les pailles changent de couleur lorsqu’elles entrent en contact avec deux des produits chimiques entrant dans la composition de l’acide gamma-hydroxybutyrique (GHB). Cette drogue du violeur – également connu sous le nom d’ecstasy liquide – cible les personnes sans méfiance dans les bars, les pubs et autres établissements festifs de nuit.

Ces trois jeunes femmes sont inspirées, elles prévoient de compléter l’offre de paille-test pour d’autres substances telle que le flunitrazépam (plus connu sous le nom de Rohypnol), à une date ultérieure.

Le flunitrazépam aurait donné lieu dans les années 80/90 a des usages dits « festifs » par les toxicomanes expérimentés. On nomme cela se faire une « fiole », parce qu’il est mélangé à d’autres psychotropes, morphiniques, alcool. (source Wikipédia)

Un concept prometteur et attendu

Ce n’est pas la première fois que l’utilisation de pailles de détection de drogue a été explorée. La société DrinkSavvy a développé non seulement des pailles, mais aussi des gobelets en plastique et des agitateurs de cocktail qui changent de couleur quand ils entrent en contact avec les trois principaux composants utilisés dans la drogue du violeur. Bien qu’ils ne soient pas encore sur le marché, ils espèrent rendre leurs produits disponibles prochainement.

À la lumière de l’intérêt que suscite ce procédé de détection, pour la société en général et les entreprises désireuses de le commercialiser, les trois étudiantes cherchent des moyens financiers pour de breveter leur paille-test, ainsi que d’autres produits similaires, pouvant être développés pour étendre la gamme.

D’après un article (en anglais) vu sur miamiherald.com

Rares sont les innovations capables d’aider à lutter contre les agressions sexuelles, faites connaître le concept de la paille-test autour de vous :

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