Des « vacances illimitées » pour salariés épanouis ou exténués ?

Si le code du travail doit être réécris un jour, combien souhaiteraient que la durée maximal des congés ne soit pas limitée ? Certainement un rêve pour certains, peut-être un cauchemar pour d’autres ? Mais quoi qu’il en soit, ce concept made in USA n’est pas vraiment un cadeau tombé du ciel. Pourtant, si j’ai pu lire plusieurs articles sur le sujet, pas grand monde ne semble vouloir évoquer ce qui se cache derrière ces « vacances illimitées ».

vacances illimitées

Des « vacances illimitées » pour salariés épanouis ou exténués ?

Ce matin, levé du bon pied… j’ouvris le bon œil. Je tombe alors sur cette notion intrigante de « vacances illimitées ». Chouette alors, un joli sujet à aborder pour un article positif comme je les aime. J’ai donc commencé par lire les différents articles présents sur la toile, en français d’abord, puis ceux rédigés en anglais, histoire de bien faire le tour du sujet.

Je dois dire que je suis resté sur ma fain. Ha c’est sûr, des articles sur le sujet, il y en a. Le soucis, c’est que, grosso-modo, ils disent presque tous  la même chose.

On présente généralement ce concept de vacances illimitées sous un aspect positif, une chance pour des employés épanouis au travail. À en croire ce qui est écrit : c’est même une avancée sociale. Ceci dit, je vous avoue avoir bien du mal à avaler ce que je lis.

C’est un fait, de grosses entreprises s’y mettent, comme Netflix, IBM, Tumblr ou Foursquare. C’est le cas également, en France, d’une startup parisienne, chez qui les vacances illimitées sont désormais au programme de ses employés. Bien que la légalité vis-à-vis du code du travail ne soit pas établie.

« Des salariés épanouis qui le rendent par une plus grande implication au travail » nous dit-on en substance. On nous indique également que la « seule contrepartie » pour les employés bénéficiaires est de « remplir ses objectifs ». C’est là que les choses se compliquent…

Vacances illimitées : rêve ou cauchemar ?

vacances illimitéesSi, sur le papier ou sur un écran d’ordinateur, la chose présente bien, qu’en est-il sur le fond ? Est-il possible selon vous d’avoir autant de vacances que l’on veut ? Est-il seulement souhaitable d’avoir toujours plus de congés ? Parce que, quoi qu’on en dise… tout a un prix! Pour tenter de comprendre et d’évaluer les répercutions d’une telle possibilité « offerte » aux employés : il faut bien entendu, aller gratter derrière les belles apparences, qui comme chacun le sait, sont trompeuses à souhait.

Le monde du travail change

C’est un fait : le monde du travail change. Il a déjà bien changé ces dernières décennies et risque d’évoluer davantage encore ces prochaines années. D’une évolution, on attend toujours du mieux, un plus et pas l’inverse. C’est pourquoi il est surement plus juste de parler de changement, plutôt que d’évolution. La notion d’épanouissement au travail avait semble-t-il disparu depuis bon nombre d’années. Voilà qu’elle réapparaît subitement.

C’est dans un cadre bien précis, qu’est né aux USA le concept de vacances illimitées. Ce système novateur permettrait aux employés de s’épanouir au travail, ou en vacances, on ne sait plus trop… Ce que l’on sait, c’est que l’accès aux vacances illimitées est conditionné. Oui quand même, il ne faut pas rêver, on n’a rien sans rien. Dans ce cas précis, on invoque les fameux « objectifs à atteindre ».

Objectif un jour… objectif toujours

Le véritable changement du monde du travail, selon moi, est là : on ne recrute plus les gens sur des postes de travail, mais on les embauche pour atteindre des objectifs. Remplir sa fonction est une chose, une chose réalisable et relativement défini dans le temps. Atteindre ses objectifs en est une autre, une chose possible également, tout du moins dans un premier temps. Oui, car un objectif reste rarement stable dans le temps. En fait : il ne l’est jamais.

Si bien que les objectifs d’hier sont déjà oubliés, quand ceux du jour les remplacent. Le même processus se répétant indéfiniment, pour une durée illimité. Vous vous dites qu’il y aura bien une limite, que les hommes ne sont pas des machines, ni des super héros… Des pseudo excuses, qui ne satisferont certainement pas ceux qui investissent leur argent dans le but de recevoir toujours plus de dividendes.

l’humain : une pièce interchangeable comme les autres

Quand un employé semble montrer ses limites, quand on ne perçoit plus en lui un potentiel de développement suffisant et/ou nécessaire à l’entreprise : on le remplace. C’est simple, sans danger et ça ne mange pas de pain, ou presque. En tout cas, plus ça va et plus le remplacement d’une « unité de production usagée » est rendu facile par la loi.

Car aujourd’hui, plus que jamais, l’employé est considéré comme une unité de production de richesse. Il représente une charge financière pour son entreprise qui voit en lui un retour possible sur investissement. Le « deal » permet d’atteindre des objectifs, en croissance permanente.

Vacances et objectifs

Et pour ceux qui n’atteignent pas leurs objectifs ? Que va-t-il se passer ? Auront-ils quand même le droit aux congés payés ? Ces vilains petits canards qui freinent la croissance de l’entreprise, oseront-ils seulement réclamer des vacances ? Ce qui est certain, c’est qu’un employé qui ne remplit pas ses objectifs, risque fort d’obtenir un aller simple pour des « vacances illimitées »… au chômage.

C’est d’une telle évidence. Pourtant on devine des yeux s’écarquiller, des visages s’illuminer, quand les « vacances illimitées » seront proposées.

Travailler en mode espoir

Pour en avoir fait l’expérience, je peux affirmer que : si  demain le travail n’usait pas autant les gens, les travailleurs ressentiraient certainement moins le besoin d’obtenir davantage de congés. Si la société et le monde du travail qu’elle a engendré, leur laissait un peu plus de temps libre, un peu plus d’énergie vitale, probablement que les salariés ne seraient pas tant exténués.

Les « vacances illimitées » sont la carotte qui permet aux affaires florissantes de perdurer et représente un changement majeur de la relation au travail. Un employé ne serait donc plus lié à sa boîte par l’échange d’un travail donné contre un salaire et des congés déterminés, ses devoirs comme ses droits ne seront donc plus définis.

Ainsi, le danger est grand de voir reculer le droit laissant place à l’espoir. L’espoir d’être meilleur, pour obtenir davantage. Alors que le droit confère une certaine garantie, l’espoir qui fait vivre dit-on, n’apporte trop souvent que déception.

Pour en savoir plus sur la législation française en matière de congés payés. Saviez-vous que la loi accorde aux salariés des congés de nature très diverse ? Certains sont obligatoires et réguliers comme les congés payés, d’autres permettent aux salariés de concilier vie professionnelle et familiale :

Ça faisait longtemps que je n’avais pas abordé un sujet de société controversé. Mais, la duperie de ces vacances illimitées, je ne pouvais pas ne pas en parler. Le sujet vous préoccupe vous aussi ? Partagez l’info pour permettre à chacun de l’appréhender : 

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