LE JEUNE ADULTE : l’intimité ou l’isolement

développement de l'être humain

« Si vous aviez la possibilité de revivre une époque de votre vie, laquelle choisiriez-vous ? » Lorsqu’on pose cette question, la plupart des gens choisiraient une année pendant l’époque de l’intimité, celle de la vie de jeune adulte.

Cette  étape de la vie du jeune adulte s’étale de 18 à 35 ans. C’est l’époque de la vie où on a envie de partager avec autrui l’amour, la procréation, le travail et une réelle amitié. A cette époque il faut choisir entre l’intimité, qui permet à l’amour de s’exprimer par des étreintes physiques et un partage de toutes choses, ou l’isolement.

Choisir l’intimité permet la guérison. S’embrasser guérit les affections cardiaques. Les veufs, privés tout à coup de relations sexuelles, sont beaucoup plus sujets aux crises cardiaques que les hommes mariés. Mais s’ils se remarient, ils retrouvent la tension artérielle d’avant leur veuvage.

Comment peut-on passer sans heurts de l’étape de l’identité, à l’étape de l’entrée dans l’age adulte?

Cela suppose que l’on remplace la question « qui suis-je? », par « qui sommes-nous? » et de pouvoir y répondre. A l’étape de l’identité, je me découvre moi-même. Mais à l’étape de l’intimité je prends le risque de me perdre et de me retrouver en aimant quelqu’un d’autre jusqu’à ce que nos deux identités deviennent « nous ».

Là encore, les hommes et les femmes vivent de manière différente le passage du "je" au "nous". Les hommes peuvent demeurer bloqués au "je" de l'identité, alors que les femmes sont plus portées à sacrifier leur "je" au bénéfice du "nous".

Les hommes sont souvent tentés de faire passer leur carrière professionnelle avant leur vie personnelle. Les femmes, au contraire, privilégient leurs relations personnelles avec leur famille ou avec leur ami, même lorsqu’elles ont des responsabilités professionnelles. Tout cela est une généralisation, d’ailleurs les hommes comme les femmes peuvent perdre le sens de l’intimité.

jeune adulte

Les moyens pour créer l’intimité


Voyons cet exemple, une histoire vraie qui est celle d’un aide-soignant travaillant dans un hôpital psychiatrique. Dans cet hôpital, il y avait une femme psychotique hospitalisée depuis 18 ans. Elle ne parlait à personne et ne regardait jamais personne dans les yeux. Elle restait assise toute la journée dans un fauteuil à bascule en se balançant.

Un jour, l’aide-soignant pris un autre fauteuil à bascule qu’il posa près d’elle. Il se mit à se balancer lui aussi, à côté d’elle, tout en dînant. Il se balança à côté d’elle tous les jours pendant 6 mois. Un soir, alors qu’il se levait pour partir, la femme lui dit: « Bonsoir ».

C’était la première fois qu’elle disait un mot depuis 18 ans. Après quoi, elle commença à aller mieux. L’aide-soignant continua à venir se balancer tous les jours à côté d’elle et finalement, elle guérit de sa psychose, car il avait su donner à cette malade ce dont elle avait le plus besoin : une intimité affective.

Les sentiments que le thérapeute éprouve pour son patient constituent le seul facteur important dans toute thérapie. Pour qu’il puisse donner à son patient la possibilité de s’affirmer et d’atteindre une intimité affective réelle, il est nécessaire que le thérapeute aime son patient.

Cela confirme que nous ne pouvons pas devenir réellement nous-mêmes aussi longtemps que personne ne nous a fait découvrir qui nous sommes. Nous le découvrons seulement lorsque nous lisons dans les yeux de quelqu’un qui nous aime la bonté qui est en nous.

Les 4 périodes de l’affirmation


  1. Pour pouvoir affirmer quelqu’un, il faut d’abord que quelqu’un d’autre m’ait permis de découvrir ce qu’il y a de bon en moi et qu’il m’ait affirmé.
  2. L’affirmation d’un autre commence lorsque je prends conscience des qualités propres de cet autre et de tout ce qui me pousse à l’aimer paisiblement et à l’apprécier.
  3. L’affirmation est le moment où je suis touché par la valeur de l’autre, sans pour autant mettre le grappin sur lui ou le changer pour satisfaire mes propres besoins.
  4. Je laisse s’exprimer ma joie devant la valeur de l’autre, sans la dire. Les paroles n’entrent que pour 7% dans l’impact de nos moyens de communication; le ton de la voix, l’expression du visage et les autres comportements non verbaux correspondent aux 93% restants. La chaleur de notre voix, de nos étreintes et de nos sourires spontanés sont parmi les moyens les plus simples et pourtant aussi les plus puissants pour permettre à l’autre d’affirmer sa valeur et pour créer l’intimité.

L’intimité avec nous-mêmes et l’intimité avec les autres


jeunes adultesPuisque le processus d’affirmation commence par la reconnaissance de notre propre valeur, l’intimité avec nous-mêmes est indispensable pour pouvoir vivre dans l’intimité avec les autres. Cette intimité avec nous-mêmes s’affirme quand nous prenons conscience de nos sentiments les plus profonds, de nos besoins, de nos peurs, de nos déceptions, de nos rêves. Il faut aussi pouvoir les exprimer.

La manière dont l'intimité conjugale est vécue est à la base de la survie du couple ou de son divorce.

Une mort, un divorce, le départ d’un proche, des violences sexuelles peuvent rendre difficile l’établissement d’une relation d’amitié vraie et conduire à l’isolement.


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