Hypersensible ? Les repères des psychologues pour comprendre

Certaines personnes sont tout simplement plus sensibles que d’autres, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose. Mais est-ce là toute la différence que l’on peut observer chez les hypersensibles ? Non, il existe de nombreux points de particularité chez ces personnes qui représentent environ 20% de la population. Le Dr Elaine Aron, chercheuse en psychologie, nous éclaire sur le sujet.hypersensible

Hypersensible ? Les repères des psychologues pour comprendre

« Quand j’étais en maternelle, un garçon de ma classe a jeté mon livre préféré par-dessus la barrière de l’école. Je me rappelle avoir énormément pleuré, non pas à cause du livre mais parce que j’en voulais à ce petit tyran. C’était probablement l’une des premières fois que je manifestais mon hypersensibilité, un torrent d’émotion que je continue à gérer au quotidien. Plusieurs de mes amis me taquinent gentiment à ce sujet mais je n’y peux absolument rien. »

Ce témoignage n’est pas un cas isolé. Selon le docteur Elaine N. Aron, chercheuse et psychologue, les hypersensibles représentent environ 20% de la population. Cela signifie que l’on connaît tous des gens hypersensibles. Peut-être même sommes-nous l’une de ces personnes ?

La psychothérapeute américaine Elaine N. Aron est considérée comme le gourou des hypersensibles aux Etats-Unis, depuis la parution de son best-seller intitulé Ces gens qui ont peur d’avoir peur. Mieux comprendre l’hypersensibilité (éd. de l’Homme). Soutenue par le psychanalyste Saverio Tomasella et la psychologue Arielle Adda, tous trois nous aident à dresser le portrait type des hypersensibles.

Un hypersensible naît hypersensible

hypersensibleCe trait de caractère (car ce n’est pas une pathologie!) se constitue pendant la vie intra-utérine, se développe dès la naissance, et se manifeste de différentes façons chez les individus.

Son degré d’intensité et son évolution, de l’enfance à l’âge adulte, dépendent en grande partie de l’environnement dans lequel la personne grandit. Les questions suivantes ont un impact direct sur la manière dont se manifeste cette nature à fleur de peau :

  • Son entourage a-t-il valorisé ou réprimé son hypersensibilité ?
  • A-t-elle été confrontée à de lourdes épreuves : burnout, deuil, guerre, etc.?
  • Accepte-t-elle, ou non, sa « différence » ou tente-t-elle de la refouler?

Et le restera toute sa vie

Inutile d’essayer de refouler l’hypersensibilité. Elle finira par refaire surface :

Il ne faut ni dominer ni subir ses émotions: il faut d’abord s’autoriser à les vivre. La plus grave erreur serait de considérer l’hypersensibilité comme une pathologie qu’il faut soigner. Devenir humain est une conquête quotidienne. Et celle-ci passe par la fierté d’être sensible.

En revanche, on peut apprendre à gérer certaines réactions, telles que le stress et l’anxiété. Pleine conscience, méditation, sport de combat… à chacun sa méthode de « toilette émotionnelle »!

Ils sont à vif émotionnellement

Les hypersensibles ont la sensation d’être « sur le fil » en permanence. Colère, larmes, repli sur soi, agressivité… l’entourage peine à comprendre leurs réactions imprévisibles et irrationnelles. Blessés par la critique, ils se sentent sans protection et peuvent ressasser à l’infini les mots qui les ont heurtés. En bref, ils gambergent à plein régime.

Ces pensées parasites sont comme une rumeur, un bruit incessant, qui draine une partie de leur énergie, Ça galope dans leur tête !

Souffrent-ils d’un excès de narcissisme ? Non, plutôt d’une grande fragilité identitaire et d’une difficulté à cicatriser. Ils vivent donc les situations de crise plus intensément, ainsi que les moments heureux :

Un paysage, un poème, un moment entre amis… Les plaisirs simples du quotidien les émerveillent.

Et à vif physiquement

En effet, ils réagissent à de nombreux stimuli. Par exemple, l’étiquette d’un vêtement qui frotte contre la peau, la sirène d’une ambulance ou une forte luminosité peuvent vite devenir insupportables. Le corps est plus réceptif aux massages, aux caresses, mais aussi plus affecté par les allergies, les médicaments et la caféine.

Les hypersensibles ont une oreille fine. Un simple bruit urbain devient un vacarme qui les empêche de se concentrer.

En entreprise, ils préfèrent travailler au calme dans des bureaux fermés plutôt que dans des « open spaces ».

Les hypersensibles sont doués d’empathie

Plus perméables à leur environnement, ils parviennent à cerner l’autre et à deviner ses intentions. C’est un problème:

Ils portent le poids du monde sur leurs épaules, en absorbant les émotions de leurs proches et en partageant leurs souffrances.

hypersensible

Au travail, cela se traduit par des élans de générosité envers leurs collègues. Plus attentionnés, ils sont toujours prêts à aider un nouveau venu, à accueillir un stagiaire. Ils n’agissent pas à dessein et manquent cruellement d’esprit de compétition. Cette profonde empathie pousse certains à s’orienter vers une carrière dans l’humanitaire. En revanche, elle peut aussi se retourner contre eux :

Les hypersensibles sont des proies idéales pour les pervers narcissiques. Ces derniers détectent leurs failles, exploitent leur gentillesse et leur désir de perfection.

Dépendants du regard des autres

De l’enfance à l’âge adulte, le désir d’être aimé ne les quitte jamais. En quête d’harmonie, les hypersensibles détestent les conflits. Et font tout pour éviter les vagues.

Ils ont peur de décevoir leur entourage, d’être rejetés, voire abandonnés. Ils dépendent de l’affection d’autrui, en amour comme en amitié. Dès qu’ils ont le sentiment d’avoir blessé quelqu’un, d’avoir prononcé des mots qui dépassent leur pensée, ils sont immédiatement submergés par la culpabilité. En bref, ils ont du mal à lâcher prise.

Ils sont créatifs et intuitifs

Les hypersensibles utiliseraient davantage l’hémisphère droit de leur cerveau que la moyenne. Résultat: ils ont un goût prononcé pour l’esthétique et la création. Peinture, musique, écriture… Certains en font leur métier, d’autres, un simple loisir.

Ils sont aussi dotés d’une forte intuition. Celle-ci est parfois impossible à justifier devant leur entourage et finit par les isoler :

Cette intuition résulte d’un nombre élevé de connexions cérébrales. Ajoutez-y un sens aigu de la logique, un besoin de cohérence, et vous obtiendrez l’état d’esprit d’un hypersensible.

Imaginez un métro qui ne s’arrête qu’aux correspondances et non aux stations intermédiaires : le chemin est parcouru beaucoup plus rapidement. Dans le cerveau, c’est pareil.

Même dans des secteurs non artistiques, tels que la finance, les hypersensibles apprennent à utiliser leur intuition à bon escient :

Certains ont toujours deux longueurs d’avance sur leurs concurrents en affaires ! C’est aussi une force.

Ils cherchent un sens à leur vie

Selon Elaine N. Aron, les hypersensibles s’interrogent souvent sur leur existence et sur la mort. Athées ou croyants, ils sont attirés ou fascinés par la spiritualité. Et se sentent profondément humanistes. Animés par une forte passion qui leur sert de leitmotiv, ils refusent de mener une existence routinière, dénuée d’originalité, et mettent un point d’honneur à vivre des expériences enrichissantes.

Ils seraient de plus en plus nombreux

Pour Saverio Tomasella, le nombre de personnes hypersensibles augmente. Cela peut s’expliquer par des facteurs socio-économiques et culturels :

Nous sommes dans une société en crise, où la pression au travail et les obligations pèsent sur l’individu, sur le couple, et où l’on refuse de vieillir. Esseulé, en perte de repères, en proie aux doutes et fréquemment critiqué, l’homme est de plus en plus à vif.

Mais l’hypothèse ne fait pas l’unanimité. Pour Elaine N. Aron, la société a un impact sur l’évolution de l’hypersensibilité (un environnement plus violent peut accroître la vulnérabilité des individus), mais elle ne peut en « produire » davantage. Le débat est ouvert.

Des témoignages d’hypersensibles célèbres :

Marion Cotillard :

J’ai toujours eu une grande sensibilité… Mais cette hypersensibilité est compensée par une nouvelle aptitude à rire de moi-même et de mes réactions émotives, qui peuvent être démesurées. (Psychologies Magazine, 2012).

Scarlett Johansson :

Je suis née avec une grande capacité à sentir mon environnement et mon entourage. Cette sensibilité peut être positive […]. Parfois, je préférerais ne pas voir ce que les gens gardent à huis clos. (Interview Magazine, 2001)

Sources :

Partagez cet article dans lequel d’autres personnes hypersensibles peuvent se reconnaître : 

50 Commentaires

  1. Bonjour.
    Mon hypersensibilite en cette periode de pleine lune me fait me reveiller super tôt et je tombe sur votre article .
    Cet article, est ma carte d identité lol. Je me reconnais parfaitement. Pour ma part, ce qui est le plus dure c est l agressivité des gens face a nous car beaucoup jugent une personne d hypersensible comme etant une personne faible.
    Pour ma part, je pense que nous avons certe un handicape faut se l avouer, mais , qui peut se transformer en un don extraordinaire a exploiter …

    • Bonjour, Joh
      Pour reprendre ta phrase « cet article, est ma carte d’identité » j’en ai eu des frissons de partouts en lisent cet article, car c’est cent pour cent moi aussi lol
      est oui ce n’ai pas tout les jours facile
      bonne continuation a toi et a tous et toutes

    • Un handicap? Toute médaille à son revers, mais pour moi cette caractéristique représente une grande opportunité d’aider de nombreuses personnes au quotidien, je vais même en faire une profession. Utiliser ses talents dans une orientation qui leurs donne du sens est sans conteste libérateur. Un seul maitre mot pour les hypersensibles: Lâcher prise! ne pas essayer de contrôler ce qui n’engage pas notre responsabilité directe et tout ira bien.

  2. Moi aussi pareil !
    Je me sentais plus sensible et sensibilisée à beaucoup de choses par rapport aux gens…
    Alors je suis hypersensible ! Ça me rassure….et ça me conforte

  3. oui,,je me reconnais 100%,,,très dure à vivre,,,,mais,,je ne changerai pas,,je vis de mes émotions,,ma journée,,ma vie sont batties sur mes émotions,,c’est du non stop,,un fleuve pas tranquille du tout !! mais quel plaisir de réagir à toutes ces conneries,,au quotidien,,,je suis bien vivante et je le reste !!! bon plaisir à vous tous,,,Béatrice

    • bsr que j aimerai être comme vous ! depuis ma retraite , tout a basculer et je suis en dépression , je me fais suivre . j espère remonter assez vite . en tout cas merci a tous , je ne mettais jamais posé la question . et on crois toujours être le seul dans ce cas .

      • bonjour, je vous rassure vous n’êtes pas un cas isolé…. j’ai mis longtemps à comprendre pourquoi je réagissais à certaines situations de façon plus forte que beaucoup d’autres personnes. Ben oui je suis sensible, mais je me soigne, enfin du moins j’essaie…..

    • Bien d’accord avec vous, je vis depuis toujours cette incomprehension, et maintenant j’essaie de gérer mais souvent je préfère être seule 😑😊

  4. Bonjour,
    Je suis donc hypersensible. Je me doutais bien que j’étais un peu différente….
    J’ai presque 52 ans maintenant. Les injustices, les petits animaux qui souffrent, la bêtise humaine, la cruauté de certains et le manque d’empathie de beaucoup, je ne m’y ferai jamais mais je ne peux pas tout gérer, alors je fais ce que je peux et je laisse le reste. Mais c’est pratique aussi, je renifle les personnes toxiques de très loin et je ressens le danger à fréquenter certaines personnes.
    Je me suis bien reconnue dans le descriptif.
    Bonne soirée à tous

    • bonsoir, moi aussi je suis comme cela hypersensible, je pleure sur le monde, sur les animaux, sur la nature et dans mon milieu professionnel je suis avec une personne manipulatrice et très cartésienne et j’en souffre chaque jour !

  5. Coucou ! C’est rassurant de se sentir moins seul en lisant cet article dans lequel je me reconnais.

    Ne nous plaignons pas, mesdames, vivre sans ressenti n’est pas une vie. Bisous et courage a nous !

  6. Article très intéressant, cela me donne envie de découvrir plus encore votre site,
    à bientôt donc 😉
    Françoise

  7. ahah excellent c’est moi tout craché ^^
    Juste pas du tout d’accord lorsqu’ils parlent Du regard des autres, ça me cause pas du tout, j’en ai absolument rien a cirer de savoir ce que l’on pense de moi du moment que je sais ce que Je pense de moi ^^ De meme j’ai mes convictions et n’hesite pas a les partager, contrairement a ce qui est dit dans l’article. Si on me donne de l’amour bien sur j’en renvoie autant mais je n’ai pas du tout besoin d’en avoir pour en donner!
    Voila c’etait juste pour dire Que personne ne peut etre catalogué, on est tous different meme si nos personnalités et choix de vie se recoupent pour nous pousser vers des « tendances », des « stereotypes »
    En tout cas tres bon article 🙂

    • Sa fait bien longtemps que je sais que je fait partir de cette catégorie de personnes.
      pas facile a vivre a l adolescent,me je m’y suis fait a l idée..aujourd’hui j’ai 34 ans j élevé mon petit garçon de 4ans tout seul,je suis veuve. Encore une situation par facile a gérer pour un hypersensible. Me je suis fière de ressentir toute s’est chose que d autre ne restent pas. Aujourd’hui s est ma force.

  8. Difficile de vivre son hypersensibilité lorsqu’on est un homme dans cette société…
    L’auteur nous dit que ce trait de caractère se constitue pendant la vie intra-utérine et que le fait qu’ils soient de plus en plus nombreux est dû à la société en crise c’est pas logique.
    Pour moi le fait qu’ils soient de plus en plus nombreux n’est pas dû à la société mais à l’arrivage de nouvelles familles d’âmes plus évoluées, donc beaucoup plus sensibles.

  9. Bonjour comme beaucoup, je me suis également reconnue. Et je vous dois un grand merci car ça me permet d’avoir des mots, des explications sur ce que je vis au quotidien depuis mon enfance. J’ai beaucoup de mal à m’accepter aujourd’hui et je ne sais pas comment m’en sortir. Petite on me disait toujours que je n’étais qu’une pleurnicheuse de première. Et aujourd’hui encore mon compagnon ne comprend pas comment je peux me mettre dans des états pareils. Je me vois d’une faiblesse sans pareil et mon sentiment à mon égard est que je suis très faible. J’aurais aimé etre quelqu’un qu’on ne puisse attaquer ou qu’on ai peur d’attaquer. Si vous avez d’autres conseils à me donner pour que je puisse en faire ma force et que je puisse enfin m’accepter telle que je suis, je suis preneuse. Merci bien à vous. Passez une très belle journée sous un soleil de mois de décembre 🙂 Encore merci 🙂

    • merci émilie

    • Tu es faible parce que tu penses que tu es faible, tu as inventé une croyance limitative. Si je peux te donner un conseil, observe ton esprit pour en comprendre le fonctionnement, mets toi à la méditation. Tu comprendras que tu n’es pas tes émotions, tu cesseras donc de te laisser emporter, et retrouveras le pouvoir sur toi…

    • Bonsoir Emilie, lire ton témoignage m’a donné envie de te cobseiller un livre qui s apelle : Aime toi la vie t aimera de Catherine Bensaid. Je me souviens quil y a quelques années, il m’avait générer comme un déclic. Et depuis tout cela a bien suivi son chemin.
      Mon conseil serait donc de bonnes lectures (Le pouvoir du moment present d edgar tolle, ou etre en pleine conscience de Osho…), peut etre également Yoga, méditation, ou un investissement dans un beau projet associatif où tu rencontreras de belles personnes.
      Je te souhaite une belle journée,

      Lili

  10. je suis contente d être tombée sur cette page , que je vais lire demain sous toutes ces coutures .

  11. merci à tous les hypersensible , de leurs témoignages !

  12. bonjour a tous,
    il y a longtemps que j’ai compris ma différence pourtant je me suis considérée faible pendant des années, aujourd’hui, il faut se rendre compte que c’est une force.
    Faces aux difficultés j’ai tendance à m’écrouler d’un coup, mais je suis debout le lendemain prête à en découdre avec le monde entier. Hypersensible mais hyper-combattante aussi, pleurer ne veux pas dire faible, pleurer est une émotion, la faiblesse est une volonté (ou une incapacité).
    A tous ceux qui pense qu’ils ne sont pas capable de sortir de leur dépression, je dis qu’ils ont cette faculté de ce porter seul au plus haut de ce qu’ils imaginent. On est fort!

    • Bonjour,
      je viens de lire l’article et les commentaires, cela fait trop de bien de voir que je ne suis pas toute seule.
      Merci à tous.
      Mounette.

  13. soit on rejette son hypersensibilité, et c’ets l’enfer.. Soit on l’accepte, et c’ets magique.. j’ai parcouru les deux cas dans ma vie.. et aujourd’hui, je suis dans le magique… Mon hypersensibilité me permet d’aller dans mes capacités de médium, d’aller dans ma spiritualité, de soigner les gens…. de partager plein de bonnes choses… et tant pis pour ceux qui ne comprennent rien, que je dois laisser en chemin… moi, je VIS.

    • Bonjour Aurélie

      Serait il possible de discuter en message privé, votre post a suscité beaucoup d’intérêt en moi ?
      anthony.castel@yahoo.fr

    • je viens de découvrir mon hypersensibilitée à 51 ans…autant d’années à me demander ce que je pouvais bien avoir…je me sentais si différente…et je lis partout que c’est un atout..je le vis comme un handicap,mais j’entre vois enfin un espoir…je viens de reprendre à lire ..3 ans que mon cerveau ne peu plus ingurgiter une info aprés plusieurs burn out…professionnelle de santé…épuisée…j’ai lu entre autre « je pense trop »véritable bible pour moi…je suis dans toutes les pages de ce livre…je découvre stupéfaite mes citations préférées…qui me révelent si bien…quelle découverte…
      je vais peut etre enfin trouver ma route et arreter de tourner en boucle…arreter de faire ce qu’on me demande de faire et plutot faire ce qui me correspond….je ne sais pas encore ou est ma place mais je sais ou elle n’est plus…je dois arreter d’érriger des murs autour de moi…je suis devenue une véritable forteresse ,la derniére terre à conquérir…
      quel constat…

      • Merci de ce témoignage. Il ressemble à mon histoire. Courage, car aujourd’hui ma vie est belle, et c’est ce qui vous attend au bout de votre cheminement.

    • J’adore ton commentaire ! 🙂
      C’est exactement ce que je ressens…..

  14. mon hypersensibilité a ruiné une grande partie de ma vie, à 16 ans j’ai rencontré un pervers j’ai eu mon premier fils un an plus tard. j’ai subi la violence verbale et des tas d’autres choses.

  15. Moi aussi je me reconnais dans cette description mais à 52 ans j’ai enfin compris que nous sommes indispensables dans ce monde car nous redonnons une part d’humanité là ou certains moins sensibles que nous ont tendance à l’ignorer. Je me suis meme « endurcie » pour moins souffrir, mais je garde tous les jours cette partie en moi qui me relie au Monde.

  16. Je savais depuis toute petite que j’étais différente, je disais même ado, je ne vis qu’au travers mes émotions, je ne connaissais pas les hypersensibles, à l’époque. Dans ma vie d’adulte, je n’ai qu’attiré des pervers narcissiques, mais je repère vite maintenant, et même si je vais toujours vérifier, je ne me trompe plus.

  17. je m’y reconnais aussi et aussi la part de mes garçons qui sont tous les trois comme ça. J’ai pourtant remarqué, qu’à la différence de ma propre éducation, il suffit de les écouter, d’engager la conversation, de les guider comme il faut pour qu’ils acceptent cette différence. par exemple, ils sont un peu solitaires (surtout le dernier qui n’a qu’un ami et seulement depuis le collège). Et lui voit des choses qui échappent au commun des mortels, mais je ne vais pas m’appesantir là-dessus, lol. cela dit, dans cette société qui vit à 100 à l’heure, si pour moi ce fut un handicap, eux le vivent plutôt bien. il faut dire que j’ai lu beaucoup de livres sur la psychologie infantile et que j’ai fait partie des UPP afin de m’engager dans une éducation responsable et respectueuse. aujourd’hui, je suis fière de mes enfants et je crois que l’hypersensibilité, c’est ça aussi, les regarder grandir et n’intervenir qu’au cas échéant. ils respectent les adultes, leurs prochains, ils ne sont pas violents et ils s’impliquent dans leur avenir. ces deux derniers sont pourtant des adolescents qui, rentrés à la maison, ne pensent qu’à jouer. bonne soirée

  18. Aaah l hypersensibilité..
    Pour ma part, il est évident que je me suis toujours sentie différentes.
    Fille unique, lorque j’étais petite, je preferais aller chez une de mes (très) vieilles voisines ecouter ses histoires que d aller faire du vélo avec les autres enfants. Non pas parce que cetait une conteuse extraordinaire, mais parce que je ressentais sa solitude, et que j aimais son sourire lorsqu’elle me voyait arriver. Jai toujours eu une compassion débordante, je peux me sentir remplir d émotions simplement en regardant une personne âgée dans la rue, ou un vendeur a la sauvette, pensant a sa dure vie quotidienne.
    Cette hypersensibilité a fait de moi une victime durant de nombreuses années, tout me touchait plus que les autres, l adolescence fut uneperiode tres compliqué, à 13 ans jai meme essayer de me suicider.
    A 19 ans, mon petit copain, celui des 15ans,le premier amour, avc qui je n aurai sûrement pas terminé ma vie, est mort d un accident de voitures. Jai passé des moments très pénibles.
    Jetais a ce moment là a l’école d infirmière, et je suis rentré en dépression, une dépression silencieuse, celle où lon est mal dedans, celle que personne ne voit. Jai prit 40kilos,en tres peu de temps, et a 20ans je pesais 105kilos. Jai perdu toute confiance en moi, les garçons netait pas tendres. Pas facil pour une hypersensible en manque d amour.
    Jai perdu du poid, rencontrer quelqu’un de bien, avait un travail stable, tout »pour etre heureuse », je ne comprenais pas pourquoi je n y arrivait pas.
    Et pourtant, cetait facil a comprendre. La vie ne se résume pas a ce que lon nous propose, nous les hypersensible nous le savons, nous le sentons. Notre mission de vie est ailleurs.
    Un jour, jai appris a ecouter les signes de la vie, a me laisser porter. Cela a commencer par des lectures, qui mont apporté des réponses, des pistes, des portes. Et je suis allée les ouvrir.
    Un jour jai démissionner de mon travail securitaire, jai lacher prise, jai laisser venir la vie, les opportunités.
    Cela ma emmener en voyage, en bateau stop, jai traverser l atlantique sur un voilier, je me suis depasser, jai apprit a m aimer, a m accepter, a accepter ma sensibilité, ma difference, cette belle différence. Jai appronfondi, travailler sur moi, vécu d incroyables expériences.
    Etre hypersensible est une force. Notre intuition est une force. Nous sommes observateurs, vifs, logiques, éveillé, CONSCIENT.
    Voila, deux ans bientot que je suis partie, avec mon sac a dos vert, loin de chez moi, à la rencontre de moi même. Et l être que jy ai rencontré est merveilleux, tendre, doux.
    Jai apprit a faire de toutes ces capacités que nous offre notre hypersensibilité une force face a la vie. Et nous sommes tous des artistes, nous avons tant de choses a exploiter de ce don du ciel qui nous a été donner, celui de sentir les choses, les voir. Je me sens connectée, centré. Rien ne peut m atteindre, disons bien sur des choses peuvent atteindre mes extrémités, mais pas mon centre.
    Japprens a vivre avec mes emotions, a ne plus me laisser gagner par la peur, l’appréhension. Je ne paralyse pas face a l adversité, j avance, et je me sens forte, je me sens une femme, celle qui coure avec les loups.
    Je rentre dans une semaine. Et je nai quun seul souhait, rependre la douceur et l amour autour de moi.
    Pardonnez moi pour ce commentaire si long, je me suis sentie inspirée, moi qui ne commente jamais rien. Cest comme si je m etais sentie en famille. Un peu ce que nous sommes non ?
    Je vous souhaite a tous un beau chemin de vie, que chacun trouve sa voie, aille a la rencontre de soi même, et répande le message, le beau message de la sensibilité, de la conscience et du bonheur.

    Lili

    • Merci lili pour ce beau témoignage. Même s’ils sont différents dans la forme, nos parcours personnels sont proches dans le fond. Je pense que d’autres personnes hypersensibles se découvrent et s’assument « sur le tard ». C’est peut-être dommage, ou nécessaire… qui sait, en tout cas c’est ainsi.

    • Magnifique, Lili… Moi-même j’ai beaucoup de mal à vivre « bien » entre mon appartement parisien, un métier administratif derrière un bureau qui « m’éteint » mais pour l’instant nécessaire… A 44 ans je me suis sentie à ma place, centrée, lors de mes voyages, lors de missions humanitaires dédiées à l’Enfance, lors de mes activités de praticienne de soins massages (mais pratiqués à la chaîne à Paris, juste impossible à tenir sur la durée), lors de cours de danse que je continue à pratiquer aujourd’hui. Je rêve d’un ailleurs et autrement pour me sentir « bien », j’y travaille doucement mais sûrement, entre périodes pleines d’énergie et d’espoir, et périodes d’épuisement et de lassitude… Je suis dans celle-ci ces derniers temps, hâte de repartir à la fin du mois vers mes amours africaines (l’homme et le pays) après 5 mois de séparation. 1 mois seulement de « vraie vie », vais-je arriver à gérer mon retour dans une vie qui ne me correspond pas ? Je crains, j’ai peur, mais j’espère encore et toujours.
      Merci pour votre message, votre courage (car il en faut !). Excellente continuation à tous,
      Natasha.

      • Merci pour votre témoignage Natasha. Je vous souhaite le meilleur et je suis persuadé que le meilleur va vous arriver.

    • Quel parcours, quel chemin parcouru aussi !
      Merci Lili *_*
      J’en ai eu des frissons.

      Prenez soin de vous

  19. je me retrouve completement dans cet ouvrage et je dis dur de vivre avec tout cela

  20. je suis hypersensible et ma fille aussi, mais ma fille a beaucoup de difficulté a vivre avec tout ça, elle n’a que 14 ans et prend de la drogue pour endormir tout ça. je ne sais plus quoi faire pour l’aider.

    • Je n’est pas de recette miracle à proposer pour votre fille. Je peux juste vous dire qu’avec le temps, on apprend à s’accepter et qu’ensuite : c’est vraiment bon. Maintenant, c’est sûr que pour une gamine, il est difficile de comprendre et d’analyser sa propre situation. D’autant plus que la société entière s’efforce de dissuader les personnes sensibles d’être ce qu’elles sont. Ce monde barbare déteste l’humanité.
      J’ai 46 ans. J’ai passé 42 ans à croire que je n’était pas normal… Aujourd’hui je pense (et j’en ferais un article prochainement) qu’être sensible est naturel, mais pas normal. La « norme » veut que l’on refoule ses sentiments. La norme veut que la productivité, l’asservissement au travail et tout un tas d’autres trucs bidons prennent le dessus sur l’humain. L’homme moderne est un être sensible refoulé, qui court à sa perte.

      • Bonsoir Fabrice, désolée je viens bien longtemps après…mais comme je cherche à comprendre pour ma fille car j’ai déjà un certain âge (46 ans). Je ne veux pas reproduire les erreurs de mes parents pour qu’elle vive au mieux sa différence. J’en arrive à la conclusion que nous avons une certaine richesse et que la spiritualité peut nous aider à considérer ce « problème » comme un don utile pour les autres mais aussi pour nous. Juste une question les hypersensibles sont-ils des HPE ou y a-t-il des différences? Merci beaucoup pour cette page très intéressante et fort utile. Bonne soirée à tous les hypersensibles.

  21. Bonsoir, merci pour cette page et pour les témoignages. C’est rassurant de voir que d’autres personnes sont comme nous (ma fille et moi) et que certaines personnes osent en parler ouvertement. J’ai enfin compris plusieurs choses importantes grâce à vous tous. Par contre, je souhaiterais savoir si les termes HPE, hyperesthésie et hypersensible désignent la même chose ou s’il existe des différences. En fait, je fais des recherches pour que ma fille accepte ce qu’elle est et qu’elle vive mieux son don. Encore merci pour cet article et bonne soirée à tous les hypersensibles.

  22. Bonjour,

    Comme beaucoup de personne, je me suis totalement retrouvée dans cet article. Grâce à celui ci, je met enfin un terme sur ce que je ressens depuis si longtemps… Depuis l’enfance, on me faisait remarquer que je n’agissais pas comme il faut, ou plutôt que je ne réagissais pas comme il faut. Je me suis toujours demandée ce qui n’allait pas chez moi, pourquoi j’étais si excessive dans mes réactions, dans mes ressentis… J’ai essayé de brimer tout ça et le résultat était au final catastrophique : auto-mutilation et dépression suite au fait de me croire seule et incomprise. J’ai à présent 40 ans, et j’ai enfin compris que je ne devais pas me battre contre mes intuitions ni contre mes émotions… j’ai quitté un boulot dans une administration qui m’usait, et, comme d’autres ici, j’essais de vivre en harmonie avec mes sentiments et mes ressentis. Mon compagnon, très à l’écoute bien que tout cela soit souvent très difficile à vivre pour lui aussi, m’encourage à trouver mon équilibre à moi.
    Un grand merci pour cet article qui, je n’en doute pas, aidera bon nombre d’hypersensible à comprendre une chose essentielle : Nous allons bien, il n’y a rien d’anormal chez nous. J’insiste sur cette phrase, car en effet la société cherche souvent à nous laisser croire le contraire.

  23. C’est très dur a vivre surtout en tant qu’homme, on a peur de se faire dévoiler et qu’on blesse sa virilité. J’espère pouvoir trouver une solution… Cela me rassure de voir que je ne suis pas le seul! Mais 20 % de la population ça me parait tellement énorme.

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