La justice confirme que le terme « Pommes empoisonnées » est approprié

La pomme est le fruit le plus consommé en France, c’est également l’un des fruits les plus traités aux pesticides, avec… 35 traitements en moyenne lors de la culture ! Greenpeace publiait en juin dernier « Pommes empoisonnées » un rapport dévastateur sur la contamination des vergers européens. La justice Française vient de débouter une association d’arboriculteurs voulant faire interdire le terme employé.

pommes empoisonnées

La justice confirme que le terme « Pommes empoisonnées » est approprié

L’Association Nationale Pomme Poire (ANPP), qui défend de nombreux arboriculteurs normands voulait interdire à Greenpeace d’utiliser le titre « Pommes empoisonnées« , titre de son rapport publié en juin dernier, sur la contamination des vergers français et européens par les produits phytosanitaires.

Ce rapport (consultable au format PDF) : « Pommes empoisonnées – Mettre fin à la contamination des vergers par les pesticides grâce à l’agriculture biologique« , explique que les producteurs de pommes utilisent des cocktails de pesticides, dont certains sont interdits, dans de nombreux pays d’Europe. Il propose également des solutions agro-écologiques pour une production viable et saine.

La justice n’interdit pas le terme « pommes empoisonnées »

pommes empoisonnées

L’ANPP a vu sa demande rejetée par le tribunal de grande instance de Paris mardi 3 novembre. Dans son ordonnance, la juge Catherine David, statuant en référé, a estimé que :

« ce n’est pas la réputation de la pomme qui est mise en cause … mais celle des pesticides utilisés pour cultiver les pommes, ce qui n’est pas objectivement contestable ».

L’ordonnance fait valoir que le consommateur n’est pas idiot, ce qui soit dit en passant, fait toujours plaisir a entendre :

le consommateur est doué de raison et sait pertinemment que si les sols et l’eau sont contaminés, les produits agricoles qui poussent sur ces sols à l’aide de cette eau le sont également … dire que les pommes sont empoisonnées lorsqu’elles poussent sur des sols remplis de pesticides ne constitue pas un propos dénigrant, dès lors qu’il s’appuie sur une base factuelle réelle

L’association de défense des arboriculteurs envisage de faire appel.

Des tests qui laissent peu de place à l’interprétation

Des tests ont été effectués sur 85 échantillons prélevés dans des vergers en agriculture conventionnelle de 12 pays en Europe. Ils prouvent une nouvelle fois que le cocktail de pesticides qui est utilisé pour la production des pommes contamine très largement les eaux et les sols.

Dans ces 85 échantillons, des traces de 53 pesticides différents ont été détectés, dont sept non autorisés au niveau de l’Union européenne, sauf sur dérogation de l’Etat membre. De plus, 78% des échantillons prélevés par Greenpeace dans les vergers et 72% des échantillons prélevés dans les eaux contiennent des résidus de pesticide.

France : le mauvais exemple

La pomme est le fruit qui rencontre le plus de succès auprès des Français. Il est également le plus produit, et parmi les plus traités avec des pesticides, avec 35 traitements en moyenne lors de la culture.

pommes empoisonnées

Des prélèvements ont été effectués dans les vergers de pommes fournissant les principales enseignes de la grande distribution (Auchan, Carrefour, Casino, Leclerc, Intermarché et les Magasins U). Ces vergers étaient localisés dans le Limousin, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Midi-Pyrénées.

Ces tests révèlent notamment la présence de chlorpyrifos dans 4 échantillons de sol sur 6 prélevés. Ce pesticide est particulièrement dangereux et certaines études montrent que l’exposition à ce produit peut causer des troubles de l’attention et du développement intellectuel chez les enfants.

Selon une étude de l’institut de veille sanitaire, les pesticides sont présents dans le sang des Français à des niveaux au moins trois fois plus élevés que dans ceux des Américains ou des Allemands. Notre pays, première puissance agricole européenne, est donc également champion du taux de pesticides dans le sang de ses habitants… ceci explique t-il cela ?

Pourtant, des solutions alternatives au « tout phyto » existent. Il faudra bien que les producteurs finissent par les mettre en application. Les consommateurs y sont de plus en plus sensibles. Cette modification de la demande pourrait bien accélérer le processus de conversion du monde agricole.

Source : france3-regions.francetvinfo.fr

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Consultez le rapport de Greenpeace : « Pommes empoisonnées – Mettre fin à la contamination des vergers par les pesticides grâce à l’agriculture biologique »

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