REPORTAGE : mon weekend en yourte dans un éco-camping du marais poitevin

Que pouvait donc bien me réserver ce weekend en yourte dans un éco-camping géré en SCOP ? Des yourtes, j’en avais déjà vues de loin, de très loin. Un éco-camping, je ne connaissais pas. Quant à la SCOP, je savais vaguement que les gestionnaires sont associés à parts égales. Le marais poitevin qui allait m’accueillir durant ces 3 jours avait-il lui aussi des secrets à me dévoiler ? Neuf passionnés de la nature très impliqués allaient bientôt répondre à toutes mes questions…

weekend en yourte

Bienvenue au « Village des toîles »

Bienvenue. C’est immédiatement ce que j’ai ressenti à mon arrivée dans ce lieu magique qui s’étend sur une vaste prairie semi-ombragée de 2,5 ha. Les herbes hautes y dansent, bercées par la brise qui caresse les parois arrondies de cet habitat insolite : la yourte.

Relaxant et naturel sont les deux premiers sentiments qui m’envahissent. Pourtant je suis encore loin d’imaginer ce qui m’attend lors de ce weekend en yourte…

Je termine le tour du propriétaire avec Estelle qui m’explique la démarche éco-responsable des lieux. Je vois au passage un affichette sur la porte des toilettes sèches félicitant ses utilisateurs d’avoir économisé plusieurs litres d’eau potable.

La magie s’installe au fur et à mesure de la découverte des lieux. On nous informe des différentes activités et autres ateliers proposés sur place par l’équipe des neuf passionnés, tous liés à l’environnement si particulier du marais Poitevin. Mais le voyage a été long, on nous propose de poser nos sacs. Nous découvrons la yourte dans laquelle nous allons passer les deux prochaines nuits : pour nous ça sera « la héronnière ».

La yourte : premières impressions

weekend en yourte

Après ce bref tour du propriétaire, j’entre dans la yourte et là : le cercle s’impose à moi. Aucun angle ne vient heurter le regard. Les formes sont douces, les matériaux chaleureux : je ressens de suite un certain apaisement. La yourte est peu meublée, mon regard s’attarde sur ses courbes sans fin, comme pour m’empêcher de sortir de cet endroit jusqu’alors inconnu pour moi, qui me parait pourtant si familier et tellement chaleureux.

weekend en yourte

C’est vrai, on se sent bien dans cette yourte toute ronde. Ne reste plus qu’a la tester une nuit pour voir si on y dort bien également. Plus tard Anthony, qui me fera visiter l’atelier de fabrication des yourtes, me confiera :

« Cela fait environ deux ans que j’habite dans ma yourte. Sa forme circulaire m’apporte un certain bien-être dont je ressens le manque à l’occasion des nuits passées chez des amis qui habitent en appartement. »

Aie… serais-je moi aussi sujet au « manque » de la yourte de retour chez moi ? Deux nuits seulement, en plus les yeux fermés (si tout va bien), pas d’inquiétude donc : « la drogue du cercle » ne devrait pas trop agir sur moi.

Mais trêve de plaisanterie, il se fait déjà tard, mon estomac se charge de me le rappeler. Ça tombe à pic, je crois que c’est le moment d’aller découvrir les produits des producteurs locaux. Ha oui, je ne vous l’ai pas encore dit : tout ce qui est consommé ici provient du fermier du coin, ou de celui d’à côté…

Soirée pizza bio entre nouveaux amis

… provient du producteur d’à côté, s’il est inscrit dans une réelle démarche éco-responsable ! Eh oui, dans cet éco-camping, on ne mange pas de produits contaminés par des produits chimiques, ou ceux ayant parcouru des milliers de kilomètres avant d’échouer dans une assiette. C’est même une évidence, compte tenu du respect général pour la vie qui se dégage des lieux et des personnages qui le font vivre.

Mais revenons à nos pizzas bio. Je vois Valentin qui s’explique avec la pâte à pizza (faite maison), muni de son rouleau de bois (fait maison). C’est lui qui cuira dans son four à pizza (fait maison) nos pizzas bio « communautaires » puisque chacun composera sa propre pizza, s’essayant avec plus ou moins de bonheur à l’étalage de la pâte, piochant dans les plateaux remplis de produits merveilleux, puis la partagera avec les autres campeurs présents : génial.

weekend en yourte

C’est ainsi que j’ai découvert la pizza banane-chocolat-noisette, ou encore la chêvre-maroilles-jambon de pays… des pures merveilles. Ha oui, il faut expliquer « le maroilles du marais Poitevin »… qui n’existe pas, je rassure tous les amateurs de fromages à fort potentiel caractériel ! Ce maroilles bio fermier au lait cru a été « importé » par mes soins en provenance directe de la région Nord dans laquelle réside ma bien-aimée… vive le mélange des cultures !

Entre deux pizzas, Valentin nous a sorti un petit vin cuit (fait maison….) qui ne manqua pas de tenir toutes ses promesses, y compris… l’ivresse, légère je vous rassure. Alors j’ai consommé d’autres parts de pizza et continué de faire connaissance avec l’équipe de La Frênaie. Passant de l’un à l’autre des neuf animateurs-gérants du site, qui chacun leur tour, me donnèrent l’envie d’en découvrir davantage sur ce marais poitevin étonnant…

Une équipe de neuf passionnés amoureux des lieux

Je retrouve Estelle entre deux tranches de fromages de chèvre. Je comprends qu’elle et d’autres, encadrent des ateliers participatifs et des animations tournant autour des thèmes de la biodiversité, l’écho-citoyenneté et l’habitat. Elle me parle de l’atelier argile, de la petite carrière de la Frênaie située sur le camping, de laquelle les participants extraient la matière première avant de la modeler.

C’est tout naturellement que je me tourne ensuite vers Julien, dont la bonhomie et le parlé « facile » sont un appel à qui veut comprendre ce qu’est ce marais poitevin. Je saisis de suite qu’il faudra que je fasse la ballade en barque demain, à la découverte du marais, de son histoire, sa géologie, sa faune et sa flore. Quel passionné ! Rien qu’ en l’écoutant, on devine les loutres arpentant les berges du marais mouillé…

weekend en yourte

à la découverte de la loutre…

J’ai pas mal échangé avec le pizzaïolo du soir : Valentin. Il m’a présenté son four à pizza construit sur place. On y a vu défiler de la pizza bio à la pelle ce soir. Mais après quelques minutes, je découvre l’autre Valentin, l’animateur nature et patrimoine de la bande des neuf. Il a pour rôle d’éduquer les visiteurs à l’environnement. Il m’expliquera comment les enfants posent au crépuscule, des pièges à empruntes faits d’argile fraîche qu’ils recueillent à l’aube, y découvrant les traces des animaux du marais. J’imagine les visages émerveillés des enfants…

weekend en yourte

sur les traces du héron…

J’ai aussi beaucoup parlé yourte ce soir là, avec Joseph et Clément. Tous deux ainsi que Jérôme et Anthony proposent des ateliers participatifs à la construction de yourtes. J’ai compris pourquoi les yourtes mongoles sont peu appropriées sous notre climat, appris qu’il existait également des yourtes kasacs. Pour l’armature, ici à la Frênaie, on utilise… du frêne. J’espère pouvoir visiter leurs ateliers, mais aussi participer au montage d’une petite yourte pour y voir plus clair. Il me tarde d’être demain…

Je n’ai pas pris suffisamment de temps pour papoter, pourtant j’avais la bouche sèche, ha… ce petit muscat ! J’en ai oublié d’aller aborder Anaïs, dont on m’a dit qu’elle animait des ateliers nature. Je suis aussi passé à côté de Christelle, qui outre le fait de gérer l’administratif et la comptabilité, s’attache à rendre les lieux accessibles et fréquentés par des personnes en situation de handicap : « elle y tient beaucoup » m’a-t-on affirmé. Moi qui ai travaillé plus de 20 ans avec ce public, j’ai déjà envie de lui dire merci.

Tant pis, il est trop tard, la fatigue me gagne et « la héronnière » m’appelle. Cette yourte si atypique saura-t-elle me faire tomber dans les bras de Morphée ? Le muscat aidant : je vais peut-être voir voler des loutres et nager des hérons cette nuit!

Mais vivement demain, il me tarde d’arpenter ce marais poitevin et d’y découvrir toutes ces merveilles de la nature promises aux visiteurs. Il faut dire que la bande des neuf en SCOP sait s’y prendre pour nous mettre l’eau à la bouche (et pas que…). Il faut préciser aussi, que chacun d’entre eux est titulaire des diplômes supérieurs spécifiques au domaine qu’il aborde… des écolos donc, des experts aussi, mais surtout des gens bien, aussi passionnés que passionnants.

Pour trouver l’éco-camping

  • Le Village des Toîles – La Grève sur Mignon 17170 – tel 05 46 67 14 77 
  • OUVERT du 1er mai au 15 octobre

L’atelier de fabrication de yourte

  • La Frênaie – 44 Route de Saint Hilaire – Arçais 79210 – tel 05 49 26 96 91

Plus d’infos

La yourte en éco-camping : atypique, écologique, éducatif… un séjour inoubliable en perspective, partagez cette idée avec vos amis : 

Un Commentaire

  1. Bonjour à la sympathique équipe☺
    C’est une amie qui m’à parlé de vous.
    Je découvre votre page et je trouve très intéressant ce que vous faites.
    Peut on passer un week end dans une yourte histoire de se mettre dans l’ambiance?
    Mes grands parents habitaient St hilaire et mon grand père était garde champêtre. Je connais les ballades en barque et la plénitude du marais.
    Bravo et félicitations à vous tous de mettre en valeur cette magnifique région du Marais poitevin dans le respect de la nature et de l’environnement.
    Amitiés
    Catherine

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