Vivre dans un monde sans pesticides

L’après-guerre à vu l’arrivée des fongicides, herbicides et autres insecticides dans le monde agricole. Depuis, leur utilisation s’est accrue sans cesse jusqu’à se généraliser. Des centaines de molécules chimiques différentes sont donc aujourd’hui présentes sur les exploitations agricoles en France comme en Europe. Les produits phytosanitaires sont-ils une fatalité ?

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Vivre dans un monde sans pesticides

Les pesticides ainsi que les engrais chimiques, sont devenus les piliers de l’agriculture intensive, selon un modèle largement favorisé et subventionné par les autorités nationales et européennes.

Cependant, de plus en plus d’agriculteurs choisissent de sortir de ce modèle. Problèmes de santé, remords ou raisons économiques amènent ces nouveaux comportements. Alors à quoi ressemble le travail des agriculteurs sans les produits phytosanitaires, et peuvent-ils en vivre ?

Etat des lieux. On use et abuse des produits phytosanitaires sous toutes leurs formes depuis plus d’un demi siècle, pour les plus anciens. Les formes qu’ils prennent sont nombreuses :

Ajoutez à cette liste déjà longue les substances nutritives du type engrais ou oligoéléments, qui ne font toutefois pas partie des produits phytosanitaires au sens strict, sauf quand il s’agit d’un mélange d’un engrais avec un produit phytosanitaire.

On a négligé l’outil premier : la terre

sans pesticidesBeaucoup d’agriculteurs sont passés par ce préalable indispensable pour accompagner la suppression des produits phytosanitaires sur une exploitation : un état des lieux des sols.

Lydia Bourguignon, cofondatrice du Laboratoire d’analyses microbiologiques des sols (LAMS) déplore :

On a tellement mis cette idée dans la tête des agriculteurs qu’il fallait de gros tracteurs et des produits, qu’au final il y a une méconnaissance du principal outil de travail, la terre.

Aux agriculteurs qu’elle rencontre, elle préconise avant tout l’arrêt du labour profond (entre trente et quarante centimètres). Cette pratique, qui s’est généralisée avec l’utilisation de grosses machines agricoles, s’avère mortifère pour la microbiologie des sols et donc, pour leur fertilité.

Ensuite, pour favoriser la richesse des sols, les engrais verts se substituent aux engrais chimiques. Ce couvert végétal permettra, en plus de capter l’azote et les minéraux essentiels à la fertilisation des sols, de maintenir et protéger la terre en hiver.

Faire alliance avec la nature

Favoriser la présence d’insectes pour limiter les pesticides peut sembler contradictoire. Et pourtant, c’est précisément ce que recherchent ces agriculteurs qui ont choisi d’encourager la biodiversité sur leurs exploitations. Pour enclencher un cercle vertueux, certains vont même jusqu’à réintroduire des pucerons sur une culture. Ils attirent ainsi les coccinelles, dont les larves se nourrissent de l’insecte ravageur.

Dans un monde idéal guidé par l’agro-écologie, l’homme n’aurait qu’une intervention limitée dans ce milieu qui se régule naturellement. Même si on en est loin, c’est ce principe qui a convaincu Philippe Fourmet, céréalier dans la Meuse, de passer ses 300 hectares de céréales en biodynamie :

Quand vous avez compris la manière dont fonctionne la nature, vous vous demandez si vous voulez rester dans un système totalement artificiel ou pas.

Ainsi commence une toute autre approche du métier. François Chidaine, vigneron en Touraine explique :

Il faut prendre en considération tout l’environnement qui est autour de la vigne.

L’agriculture biologique se développe inexorablement

En agriculture conventionnelle, les pommes reçoivent trente-six traitements par an; les betteraves, de seize à dix-huit, etc. Avec l’avènement de l’information libérée par internet et notamment par les réseaux sociaux, le grand public réagit. Les consommateurs dictent de nouveaux comportements de production.

Un phénomène difficile à contrer : les particules chimiques volatiles peuvent atteindre les exploitations « propres ». Pour se protéger autant que possible des multiples épandages des champs voisins, les agriculteurs écolos réimplantent et entretiennent arbres, bandes enherbées et haies autour de leurs cultures. Mais impossible de mettre un champ sous cloche. Alors pour s’assurer que la récolte respecte la charte de l’agriculture biologique, l’organisme certificateur contrôle les exploitations labellisées bio deux fois par an.

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Pour Adrien Peltier, paysan boulanger dans l’Eure-et-Loir, côtoyer les champs cultivés en conventionnel, c’est aussi une forme de résistance. Installé dans la ferme familiale avec son frère Benjamin, il espère que la trentaine d’hectares qu’ils cultivent pourra faire bouger les mentalités dans leur département, où seulement 0,6 % des surfaces agricoles utiles sont en bio.

Les surfaces agricoles réservées au bio en France ne cessent cependant d’augmenter. Elle sont passées de 2% en 2007 à 4,6% des terres cultivables, fin 2015. Ainsi augmente également l’espoir de vivre un jour dans un monde sans pesticides.

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Source : lemonde.fr – wikipedia

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