Comment je parviens à bien vivre mon hypersensibilité au quotidien

J’arrive aujourd’hui à bien vivre mon hypersensibilité. Pourtant dans certaines situations encore, je peux vite me retrouver accablé. Les ambiances trop bruyantes me font fuir, par exemple. Mais le murmure des sous-bois m’enchante. Je suis facilement submergé par la douceur d’un environnement accueillant. Je me sens alors en symbiose totale. Mon hypersensibilité est une expérience quotidienne merveilleuse, mais cela n’a pas toujours été le cas…

Je parviens à bien vivre mon hypersensibilité au quotidien

C’est vrai également que j’ai rapidement la larme à l’œil, dès que je vis une émotion forte. Cependant, je ne renierais pour rien au monde l’empathie que je ressens, ni cette sensibilité à la beauté des choses et des êtres vivants.

Un coup de pouce, une parole douce… souvent très peu de choses peuvent rendre une situation délicate plus positive. J’ai la chance de pouvoir offrir ce « très peu de chose » et je ne m’en prive pas.

J’ai également tendance à prendre les situations trop à cœur. Je ne supporte pas l’injustice. J’ai longtemps lutté contre ces situations insupportables à mes yeux. C’était peine perdue, et j’y ai laissé des plumes. J’ai mis du temps à comprendre, mais aujourd’hui, ma stratégie est tout autre. Je fais ce que je sais faire de mieux, je sensibilise mes proches sur le sujet en question. Je partage ce fardeau qui m’accable avec d’autres, plus nombreux, plus forts que moi.

J’ai surtout décidé de ne pas subir sans rien faire, en adaptant ma vie entière à la personne sensible que je suis – emploi, mode de vie, habitat et environnement. Cette stratégie a été payante. Parallèlement, les astuces que je mets en œuvre depuis, me permettent de bien vivre mon hypersensibilité, bien mieux que par le passé.

J’ai envie de partager mon expérience. J’ai l’espoir qu’elle puisse profiter à d’autres personnes sensibles, submergées elles aussi par le flot de leurs sentiments. Pour vous aider, voici quelques techniques qui vous permettront, je l’espère, de mieux vivre votre hypersensibilité au quotidien.

J’accepte mon hypersensibilité…

Autant être clair tout de suite : l’hypersensibilité est un trait de caractère qui est présent pour toute votre vie. Il ne sert donc à rien d’essayer de la refouler, elle reviendra au galop à la moindre occasion. Toute tentative en ce sens est vaine, le résultat à moyen et long terme peut même s’avérer catastrophique.

Au contraire, j’ai appris à reconnaître mon hypersensibilité, à déceler où et quand elle se manifeste. Je sais quelles sont les choses qui me font pleurer, comme je connais celles qui m’exaltent. Je les accepte tout simplement.

J’accepte donc d’extérioriser ma tristesse, comme j’accepte d’être encensé par la beauté du monde, quitte à décrocher un instant. Le regard des autres m’importe peu. D’ailleurs j’ai pu observer que ce regard avait changé positivement lui aussi, depuis que je m’accepte tel que je suis.

Vous verrez, une fois cette étape passée, vous vous sentirez déjà beaucoup mieux !

Non, l’hypersensibilité n’est pas un vilain défaut, loin de là. Il se peut que vous n’y voyez actuellement que ses inconvénients, tels que les crises de larmes et de nerf qui surgissent sans crier gare. Mais, quand on l’identifie pour ce qu’elle apporte de positif, notre grande sensibilité s’apparente plus à une bénédiction qu’à un malheur. Elle est une force !

… et je la vois comme une force

Faites le compte des nombreux avantages procurés par votre grande sensibilité ! Pour ma part, je les vis à de multiples occasions au quotidien.

C’est un fait, je ne suis jamais insensible aux malheurs des gens qui m’entourent. Mais cette empathie est un atout, car je comprend plus facilement ce qu’ils ressentent, même s’ils ne l’expriment pas consciemment. C’est d’une aide considérable pour sentir ce dont ils ont besoin à l’instant présent et de pouvoir leur apporter. Si bien que cela me procure une longueur d’avance dans de nombreuses situations. C’est un peu une forme d’intuition dans la relation aux autres.

Cette prédisposition m’a été utile à de multiples reprises. C’était le cas notamment, dans le cadre de la relation d’aide à la personne, quand j’exerçais auprès d’adultes en situation de handicap mental. J’y ai vécu et développé des relation magnifiques, malgré les difficultés de communication.

Un autre point positif non négligeable : la plupart des personnes hypersensibles font preuve d’une très grande créativité, qu’elle soit artistique, ou pour tout autre domaine.

Tes émotions ne sont pas les miennes

Moi aussi, je détourne le regard -aujourd’hui encore- à la vue d’un accident de la route sur mon chemin. Mon moral n’est toutefois pas miné, comme il pouvait l’être par le passé. Qu’est ce qui à changé ? J’ai appris.

Auparavant, je pouvais réagir de façon extrême dans l’émotion du moment. Depuis, j’ai appris à accueillir ces émotions, sinon les situations deviennent très vite épuisantes. Maintenant, même la tristesse ou la colère n’ont plus ce pouvoir de gâcher ma journée. Tout au plus, le malaise dure quelques minutes. Le temps pour moi de faire le point sur mes ressentis d’une part, et sur ces émotions fortes qui émanent des autres ou de la situation vécue.

Pour me protéger, j’essaie de prendre du recul. Je suis toujours sensible à ce que je vis, mais je fais la distinction entre mes sentiments et ceux qui émanent de l’extérieur. C’est de cette façon que je parviens à me préserver.

Je matérialise mes émotions pour pouvoir m’en séparer

Ma technique, quand je me sens submergé par une émotion, consiste en premier lieu à la matérialiser dans mon esprit. La peur prend parfois l’apparence d’un objet coupant, une lame ou un bout de verre. La joie se transforme en une magnifique fleur. Etc.

A cet instant, si cette lame qui me blesse n’est pas la mienne : je la relâche à terre immédiatement. Si cette fleur qui m’enivre me fait perdre raison : je la dépose au sol tranquillement. De cette façon, je ne m’expose pas à subir les conséquences de ma réaction de cette émotion « étrangère ».

En vous exerçant à matérialiser vos émotions, vous serez en mesure de les chasser physiquement quand c’est nécessaire. Je refuse de conserver cet objet qui appartient à un autre ! Apprenez, vous aussi, à les considérer comme des objets. Il devient alors possible de vous en défaire plus facilement.

Pour vous y aider, vous pouvez faire appel à des exercices de méditation comme la visualisation positive. Vous vous projetterez ainsi l’image mentale du moment où vous vous débarrasserez des émotions qui ne vous appartiennent pas. C’est une condition qui permet ensuite de se recentrer sur soi.

Je sais ce qui déclenche mes émotions

Si je ne fais pas attention, certaines situations déclenchent chez moi une réaction émotionnelle excessive. Je le sais et après coup, je m’en veux. Pour éviter de réagir ainsi, pour parvenir à gérer cette émotion si forte du moment, j’ai une stratégie. J’essaie aussitôt que possible d’en identifier la source. De cette façon, je me positionne en observateur, ce qui me permet de prendre du recul, de garder mon calme et d’éviter de sur-réagir dans de nombreuses situations.

Pour y parvenir, il faut être réactif. Dès que je ressens de façon excessive la tristesse, la peur ou la colère, je me concentre sur cette émotion. Je me pose toujours ces mêmes questions : d’où elle vient ? Pourquoi est-elle là ? Pourquoi elle est aussi forte ?

Est-ce que je trouve les réponses ? Pas toujours dans l’immédiat, et pas pour toutes les situations vécues. Mais à vrai dire, peu importe. Même si je ne comprends pas dans l’instant ce qui se joue, au moins mon attention est détournée. En me questionnant ainsi, je quitte la situation inconfortable « d’éponge à sentiment », dont je sais qu’elle va me faire réagir dans l’excès.

J’observe et j’apprends à me connaître pour parvenir à me contrôler

Toujours dans l’instant vécu de l’émotion, j’observe les réactions que je ressens dans mon corps. J’essaie de découvrir comment mon organisme réagit à cette émotion précise. Quand surviennent la gorge nouée, les larmes, les tremblements ou la colère ? Chaque occasion est bonne pour effectuer cet exercice, pour en apprendre davantage sur soi.

Cette connaissance, cette conscience de soi qui se construit dans le temps, est un atout pour parvenir à prendre du recul sur nos ressentis à l’avenir. Comprendre mes pensées, comprendre mon corps, et ainsi être mieux à même de pouvoir contrôler mes réaction. Prenez ce temps, c’est un investissement que vous ne regretterez pas. Attendre, permet de se calmer avant de réagir, de réfléchir avant de prendre une décision. Ce temps d’introspection est très souvent une bonne solution, il évite les excès et les regrets qui vont avec.

Cet exercice n’est pas payant dans l’immédiat, il faut un certain temps avant d’en ressentir des résultats. Mais ne désespérez pas, n’abandonnez pas, on ne peut pas réussir à contrôler ses émotions du jour au lendemain ! L’important est de progresser petit à petit, jour après jour.

N’essayez pas de ne rien ressentir

Attention, lorsque je tente de comprendre mes émotions et d’arriver à les contrôler, cela ne veut pas dire que je m’empêche d’être sensible aux choses. Ce serait une erreur, et à vrai dire je ne crois pas être capable de faire ça, même si je le voulais !

Il est important de les connaître pour pouvoir raisonner ses émotions. En ce qui me concerne, je n’arrive de toute façon pas à les refouler. Elles font partie de moi, je les accepte comme telles. De fait, j’accepte d’être plus sensible que d’autres à certaines situations. Ma forte sensibilité est au fondement de ma personnalité, et j’en suis fier.

Je médite pour me recentrer

La méditation m’est d’une grande utilité. Elle me permet de retrouver la paix intérieure quand mon esprit est surchargé. D’autres préfèrent le yoga, ou le spot. En fait, toute autre activité qui amène à se recentrer sur soi est bénéfique.

C’est avec la méditation que j’ai appris à mieux contrôler mes sentiments et mes pensées. Je sais aujourd’hui prendre du recul quand mes idées se bousculent, quand mes pensées deviennent obsession. Méditer quelques minutes me permet de retrouver un certain équilibre et un état de sérénité après une réaction excessive.

La méditation pleine conscience, par exemple, donne toutes les clés pour mieux gérer notre réponse, mieux contrôler notre réaction à une situation forte. D’autres activités ont cette faculté. Le sport par exemple, peut également être une solution intéressante pour acquérir de l’emprise sur vos émotions.

Et si ces astuces et conseils ne suffisent pas ?

N’oubliez pas que la première des choses est de s’accepter, avec toute la sensibilité qui nous caractérise. Après, les choses deviennent bien plus vivables au quotidien. Est-ce difficile d’y parvenir ? Ce n’est pas le sentiment qui me reste du chemin effectué. Par contre, il me semble que le moment pour y parvenir ne se choisit pas. Si je peux dire que je parviens à bien vivre mon hypersensibilité aujourd’hui, il m’aura fallu du temps pour en arriver là.

Malgré tout, si vous avez le sentiment d’être en décalage permanent avec votre entourage, les quelques conseils stratégiques présentés dans cet article ne suffiront pas. Pour bien vivre cette hypersensibilité qui vous accompagnera toute la vie, peut-être devriez-vous changer de stratégie maintenant ? Combien d’années encore allez-vous tenter de faire coller les morceaux d’une vie qui ne correspond pas à la personne sensible que vous êtes ?

N’avez-vous jamais envisagé ce changement de vie qui vous ferait tant de bien ? Éloignez-vous des choses, des lieux ou des personnes qui vous accablent chaque jour de votre vie. Profitez-en pour vous rapprocher de vos rêves. Allez vers ce qui vous rend heureux. Acceptez de faire le deuil d’une vie de souffrance pour en reconstruire une selon vos aspirations profondes.

Observer, comprendre et apprivoiser mon hypersensibilité est incontestablement l’une des plus belle réalisation de toute ma vie. Je n’y serais pas parvenu en restant exposé, alors j’ai tout changé.


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