Jeûne thérapeutique associé à la chimiothérapie : des tests encourageants

La communauté scientifique est pressée de toute part, priée de se tourner vers l’étude des effets du jeûne thérapeutique associé à la chimiothérapie pour traiter le cancer. Une première étude chez la souris en 2012 montrait des résultats très encourageants. Dès lors beaucoup aimeraient y voir une possible transposition chez l’être humain. Qu’en est-il à l’heure actuelle des recherches et connaissances sur le sujet ?

Depuis la publication en 2012 d’une étude expérimentale évaluant chez la souris l’effet du jeûne sur des tumeurs cancéreuses, nombreux sont ceux qui se posent la question de l’intérêt de cette pratique chez les patients atteints de cancer.

L’étude, réalisée par une équipe américaine, s’est intéressée aux effets du jeûne chez des souris porteuses de tumeurs induites par des cellules tumorales. Les cellules étudiées étaient des cellules cancéreuses de sein, de mélanome, de gliome et de l’ovaire. Les souris ont subi plusieurs cycles de jeûne, c’est-à-dire qu’elles ont été privées à plusieurs reprises d’alimentation pendant 48 à 60 heures, alors que les apports en eau ont été conservés.

Les résultats très intéressants de l’expérimentation chez la souris

Ces premières expériences réalisées chez des souris ont permis d’observer des choses pour le moins intéressantes et même très prometteuses :

  1. Il apparaît que deux cycles de jeûne retardent la croissance de certaines cellules cancéreuses (sein, mélanome, gliome) aussi efficacement que la chimiothérapie.
  2. L’association de deux cycles de jeûne et de la chimiothérapie est plus efficace que la chimiothérapie seule.
  3. De multiples cycles de jeûne augmentent la sensibilité des cellules cancéreuses aux traitements de chimiothérapie, ce qui augmente la survie globale des souris, et leur survie sans progression de la tumeur.
  4. Le jeûne favorise l’activité de régulation des gènes impliqués dans la croissance des cellules normales et cancéreuses. Une réduction du nombre de cellules cancéreuses a ainsi été observée in vitro.
  5. La combinaison du jeûne et de la chimiothérapie favorisait les cassures d’ADN dans les cellules cancéreuses, ce qui augmente l’efficacité de la chimiothérapie.

Avouez qu’il y a de quoi y relire à deux fois…  Une fois que c’est fait, il vient immédiatement à l’esprit la question de la transposabilité chez l’homme. Cette question bien sûr, des scientifiques et chercheurs se la posent également. S’ils sont même beaucoup à se la poser, mais très peu trouvent les moyens financiers pour mener une étude.

Car il n’est bien sûr pas possible d’affirmer en l’état, que les études chez les souris prédisent du même succès chez l’Homme. Une étude est cependant en cours aux Etats-Unis chez quelques patientes atteintes de cancer du sein, de cancer du canal urinaire ou de l’ovaire ; les résultats seront présentés prochainement lors d’un congrès scientifique et médical. Nous ne manquerons pas de vous tenir informer des résultats.

Quand on sait que l’industrie pharmaceutique a réalisé en 2014 quelques 100 milliards de dollars de chiffre d’affaire, sujet traité dans notre article : Traitement contre le cancer : 100 Milliards de dollars de recettes en 2014 ! , on est en droit de croire qu’il ne doit pas être très difficile de dégager les fonds nécessaires à la recherche ; oui mais voilà…

Le jeûne dérange

A priori, il est vrai que le jeûne va à l’encontre de nos connaissances, notre culture et notre mode de vie. Il faut parvenir à dépasser l’idée largement véhiculée, que l’opulence est ce qu’il y a de mieux pour nous et notre santé.

Car depuis la fin des temps les hominidés ont vécu régulièrement des périodes de fringale. Le manque de nourriture était fréquent, l’organisme a développé des capacités d’adaptation au manque. Cette aptitude se transmet génétiquement depuis des siècles.

Ces idées semblent faire leur chemin dans les esprits d’une partie de la population, consciente des dangers de la nourriture industrielle et méfiante vis à vis des traitements imposés par l’industrie pharmaceutique.

Mais ces idées vont à l’encontre des intérêts financiers de bon nombres d’acteurs du système. Notre société de consommation ne s’intéresse pas au jeûne. Le jeûne thérapeutique est aux antipodes des principes qui font tourner l’économie internationale.

Un espoir existe cependant, car le jeûne est suspecter d’augmenter l’impact de la chimiothérapie sur les cellules cancéreuses, tout en préservant davantage les cellules saines. Dès lors, on peut croire que les labos auront un intérêt à vérifier cette information, et d’en financer l’étude comme il se doit.

Sources :

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