Notre système de santé est-il malade ?

Les médicaments en général, les génériques en particulier, les médecins prescripteurs démarchés par les laboratoires pharmaceutiques, les erreurs de prescriptions… la confiance du patient est la règle, mais au regard des trop nombreux scandales du monde médical, on est en droit de se demander si notre système de santé n’est pas malade ?

Notre système de santé est-il malade ?

La question est légitime et, selon moi, en appelle une autre: peut-on encore avoir confiance dans la médecine ?

En fait tout questionnement est légitime. Sur ce sujet précis touchant au domaine de la santé, au regard des scandales qui se succèdent, des erreurs grossières qui sont commises par les plus hautes instances, du flou global qui règne autour des médicaments génériques – entre autres choses – comment ne pas douter ? Des doutes, nous en avons tous. Mais quand il s’agit du domaine médicale, le doute peut rapidement laisser place à l’angoisse.

Peut-on avaler sa pilule les yeux fermés ?


Le médicament ou son générique ? L’un inspire plus confiance que l’autre, à tort peut-être mais c’est ainsi. En tout cas, c’est « l’autre » que l’on veut nous faire avaler. D’ailleurs concernant les médicaments génériques : on veut nous en faire avaler de toutes les couleurs !

Les affirmations des « spécialistes » de la pharmacopée se succèdent pour nous affirmer tout et son contraire. Allez faire confiance, mais à qui donc ? Difficile de s’y retrouver en effet dans le dédale de fausses vérités et de vrais mensonges qui nous est servi.

Faisons court, car la liste est longue. Prenons cette info comme exemple du trouble qui règne sur les génériques: dans un communiqué du 23 janvier, l’Agence européenne du médicament (EMA) annonce la possible suspension de 700 médicaments génériques fabriqués en Inde.

Ouille, 700 médicaments génériques en phase d’être suspendus ! [la supenssion est effective depuis le 20 août 2015]  La liste est accessible ici. Et oui ça ne rigole pas à l’Agence européenne du médicament : une inspection réalisée sur le site de production de ces médicaments, à Hyderabad en Inde, a « soulevé des préoccupations ».

Ces contrôles sont-ils rassurants pour autant ? Cette mesure intervient donc pour interdire la consommation des médicaments… actuellement consommés ! Mince, un petit problème de synchronisation semble-t-il.

D’une manière générale , on a le sentiment que tous les laboratoires pharmaceutiques sont des établissements performants… financièrement parlant, pour le reste ?

Laboratoires pharmaceutiques : tout pour le fric


Par où commencer ? Et oui malheureusement, là aussi il y a tellement de choses à dire. Allez on va essayer de faire court un fois de plus : Médiator, Jacques Servier.

Rappelons un peu les faits quand même : d’abord destiné aux personnes diabétiques puis prescrit comme coupe-faim, 5 millions personnes en auraient consommé. Le Mediator pourrait avoir tué au final entre 1000 et 2000 personnes, nous dit-on.

Le chiffre avancé, s’il n’était pas dramatique, prêterait à sourire. Tellement d’enjeux financiers et politiques dépendent de cette évaluation du nombre de victimes, qu’il est hautement improbable que le chiffre qui nous est servi soit juste. De plus, Servier joue actuelement la montre et rechigne à indemniser les victimes, et c’est donc l’Etat qui se substitue et paye la note !

Le laboratoire Servier n’est pas un cas isolé, loin s’en faut. Prenons le cas de Sanofi moins médiatisé, et signalons les éléments suivants pèle-mêle :

  • Le dirigeant de la filiale algérienne est promu après une condamnation pour fraude fiscale
  • Un traitement pour la Leucémie a été retiré du marché, puis réintroduit à un prix 20 fois supérieur
  • Un ancien lobbyiste de l’entreprise est accusé d’avoir mis sur pied une fraude de charité, pour vendre au marché noir les produits des concurrents
  • L’entreprise est condamnée à payer une amende pour avoir fait des « petits cadeaux » aux médecins pour qu’ils prescrivent ses produits

La liste est longue, des sociétés pharmaceutiques fraudent, commettent des irrégularités et au final : trompent les patients en mettant parfois leur vie en danger. Mais seuls, ils ne seraient pas aussi « efficaces ». Leurs meilleurs alliés sont les hommes politiques en mal de financement de campagne électorale et… les médecins.

Médecins : le serment d’hypocrite


Je vous arrête tout de suite : moi aussi j’ai un bon médecin. Enfin je crois. En tout cas, j’ai souvent eu l’occasion de lui faire part de mes doutes, de lui demander des explications plus poussées sur le traitement envisagé. J’ai même pu échanger avec elle – Sylvie de son prénom – sur les bienfaits et les dangers possibles du jeûne thérapeutique.

Mais cette bonne relation entretenue avec mon médecin généraliste n’efface pas les problèmes relevés dans la profession. Même si, à n’en pas douter : les médecins suivent tous le serment d’Hippocrate. Et oui, sinon ils sont radiés. Enfin : certains tentent de le suivre, quand d’autres croient le suive, ou au moins de le laisser croire… c’est compliqué oui.

Les VRP du médicament

Car les laboratoires dépêchent des « conseillés médicaux », qui ne sont autres que des commerciaux, lesquels assurent cadeaux et avantages aux « bons médecins prescripteurs ». Ou se situe l’intérêt du malade dans tout cela ? Mystère… peut-être que le taux de bronzage du médecin garantit l’efficacité du traitement, allez savoir…

En août ne tombez pas malade

Je ne vous apprends rien : tous les médecins ou presque partent en vacances au mois d’août, laissant derrière eux leurs patients désemparés, lesquels viennent gonfler les salles d’attentes bondées des urgences hospitalières pour un petit bobo. L’autre solution, si les 4 à 8 heures d’attente sont rédhibitoires est soit l’automédication, soit le pas de médication du tout.

Ah oui, mais rien sur le mois d’août dans le serment d’Hippocrate… tout va bien donc.

Petite anecdote au passage : je connais un boulanger qui ne fermait pas sa boutique en été avant d’avoir pris soin d’appeler ses concurrents dans le quartier pour convenir des dates de vacances, de peur que les gens manquent de pain !

Il n’y a pas de serment chez les boulangers, mais il y a peut-être moins d’hypocrites. En tout cas, inutile d’être sous serment pour faire la preuve de sa conscience de l’autre. Tout est dans les actes.

Si vous êtes malade mieux vaut habiter dans le sud

Aille, encore un sujet qui fâche : l’implantation des médecins sur le territoire français… Les chiffres sont éloquents, il y a deux fois plus de médecins dans le sud que dans certains départements du nord.

Cela se traduit par des situations dramatiques bien réelles. Pour preuve, la loi a dû s’en mêler :

Extrait du Décret n° 2013-736 du 14 août 2013 relatif au contrat de praticien territorial de médecine générale qui relève :

… les zones caractérisées par une offre médicale insuffisante ou des difficultés dans l’accès aux soins, en raison des caractéristiques démographiques, sanitaires et sociales de la population, des particularités géographiques de la zone, du nombre et de la répartition des professionnels et des structures de soins et de leurs évolutions prévisibles…

Les bancs des facs de médecine

Y a-t-il dans les amphithéâtres des facs de médecine autant d’abnégation et de ferveur professionnelle – en devenir, tout du moins – qu’on est en droit d’attendre de notre système de production des futurs médecins ?

Drôle de question me direz-vous, alors drôle de réponse : il y a sur les bancs des facs de médecine autant d’élèves que de fils de bonne famille qui n’ont pas choisi de faire du droit : « trop chiant ». Car pour faire plaisir à papa et maman : c’était médecine ou droit.

Dans ce flot d’enfants bien nés et bien éduqués, il y a très certainement d’authentiques futurs bons médecins. Sûrement trop peux nombreux toutefois, pour assurer le relèvement du niveau de conscience général de la médecine.

C’est un cliché certes, mais un cliché qui ne date pas d’hier et qui reste vrai. D’ailleurs on ne s’étonne plus de voir des nouveaux cas de médecins « ripoux ».

Ripoux contre patients

La fac est un peu caricaturale comme situation, mais à peine. Il faut dire que les contre-exemples de médecins intègres ne manquent pas.

Allez, laissons-nous rappeler au souvenir douloureux d’un ex-ministre des finances en charge de la fraude fiscale, médecin de son métier, que dis-je : chirurgien. Jérôme donc, avait omis de dire qu’il cachait ses sous en Suisse, le vilain. Il avait menti à l’assemblée nationale devant tous ses copains -eux-mêmes menteurs professionnels- qui n’ont pas aimé, les pauvres.

Le plus choquant est ailleurs. Il cachait donc de l’argent « au noir » provenant de sa clinique de chirurgie esthétique privée, qu’il s’est empressé d’ouvrir au terme d’une longue et coûteuse formation médicale dans le public… super profil Jérôme ! Un profil qui ne l’a pas empêché d’entrer au parti socialiste – oui ça fait sourire – pour finalement occuper parmi les plus hautes fonctions ministérielles qui soient… bon là on pleure.

Ne pas tomber malade


Les budgets et la qualité des hôpitaux publics qui diminuent d’année en année, le personnel qui est exténué, désabusé. Des rendez-vous chez des spécialistes pour lesquels 6 ou 8 mois d’attente sont nécessaires. Des ministres qui se succèdent en accumulant erreurs et scandales sanitaires…

Bien d’autres choses restent à dire sur notre système de soins dans lequel notre médecine tient le rôle principal. Mais l’article est déjà bien long. Je vous laisse digérer la pilule, sans prescription celle-là. Et vous propose ce qui semble être la meilleure attitude possible à avoir compte tenu de l’état de la situation :

ne tombez pas malade !

Le conseil peut paraître idiot, ou pas. En adoptant une consommation raisonnée, une bonne hygiène de vie, en faisant un peu plus confiance à la nature et aux produits efficaces qu’elle produit : d’une part on tombe moins malade et on limite le besoin de médicaments ; d’autre part on évite de trop fréquenter les médecins.

Consultez : la liste des 700 médicaments génériques interdits

La santé est capitale pour tous, partagez cet article avec vos amis :

systeme de santesystème de santé malade