Syndrome de l’Intestin Irritable – Les bons réflexes à adopter

Le Syndrome de l’Intestin Irritable (SII), aussi nommé colopathie fonctionnelle, est un trouble du système digestif. Caractérisé par des douleurs abdominales, ballonnements, crampes ou encore constipation, ce dérèglement provoque une gêne importante au quotidien pour certains. Si vous êtes touchés par ce syndrome, vous pouvez atténuer les crises en adoptant bons réflexes et alimentation adaptée.

Syndrome de l'Intestin Irritable

Le syndrome de l’intestin irritable – Les bons réflexes au quotidien

Note de l’auteur : 

Concernée par ce trouble digestif récurrent depuis de nombreuses années, je souhaite partager mes conseils avec ceux qui cherchent de l’aide et des réponses.

Syndrome de l’Intestin Irritable : 1 personne sur 5 concernée


Selon le Dr Philippe Godeberge, gastro-entérologue à Paris, le Syndrome de l’Intestin Irritable affecte 10 à 15 % de la population occidentale. Le syndrome se manifeste souvent avant l’âge de 30 ans, et touche deux fois plus souvent les femmes que les hommes.

Les médecins spécialisés estiment que le SII représente 30 à 50% des consultations en gastro-entérologie. 1 personne sur 5 serait touchée par ces troubles digestifs fonctionnels : maux de ventre, diarrhées, constipations chroniques, crampes abdominales, transit difficile, etc.

Une pathologie encore taboue

Syndrome de l'Intestin Irritable

Le Syndrome de l’Intestin Irritable est une pathologie courante qui reste encore taboue. Peu de souffrants osent en parler à leur entourage. C’est pourtant une maladie chronique contraignante qui a des répercussions au quotidien sur :

  • la vie sociale (restaurant, sorties, cinéma, etc.)
  • la vie professionnelle (concentration, absentéisme en cas de crise, etc.)
  • la vie intime (sommeil, humeur, relation amoureuse, etc.)

Imprévisibles, les crises et les troubles du transit pèsent sur la qualité de vie au quotidien. Ces troubles intestinaux seraient même l’une des principales causes d’absentéisme au travail, selon l’APSSII (Association de Patients Souffrant du Syndrome de l’Intestin Irritable)

Pour pouvoir parler de Syndrome de l’Intestin Irritable (SII), les symptômes doivent être présents au moins 1 jour par semaine sur les 3 derniers mois et s’inscrire dans une durée de 6 mois au moins.

Les symptômes du Syndrome de l’Intestin Irritable


Les mécanismes de survenue de ce syndrome sont mal connus et multiples, mais on observe dans cette pathologie plusieurs troubles du fonctionnement de l’intestin. La gravité, le type et le nombre de symptômes varient beaucoup d’une personne à l’autre. Certains malades peuvent ressentir un ou plusieurs des symptômes suivants :

Syndrome de l'Intestin Irritable

> Les douleurs abdominales :

Crampes, spasmes, de chaque côté du ventre ou au niveau de la région ombilicale. C’est le symptôme le plus fréquent. Elles surviennent, en général, après les repas mais aussi au réveil. Elles peuvent durer de quelques heures à quelques jours. Elles sont le plus souvent soulagées par l’émission de selles ou de gaz.

> Les ballonnements :

Accompagnés ou non de bruits à l’intérieur du tube digestif dus aux déplacements des gaz et des liquides. Ils sont assez fréquents et sont pénibles, surtout après les repas, rendant le port de vêtements serrés inconfortable. Le ventre est très souvent distendu et douloureux.

> Les troubles du transit intestinal :

Ils sont liés aux contractions de l’intestin et du côlon trop fortes ou trop faibles. Les aliments ingérés se déplacent alors trop rapidement ou trop lentement, entraînant diarrhée ou constipation. Un besoin urgent d’aller aux toilettes ou encore une sensation d’évacuation incomplète des selles sont autant d’effets ressentis.

> D’autres symptômes, indirectement reliés aux intestins, sont parfois présents :

Maux de tête, nausées, brûlures d’estomac, douleur pelvienne chronique, maux de dos (bas du dos) et troubles du sommeil.

Les personnes sujettes à une colopathie fonctionnelle ont des intestins plus sensibles. Elles ressentent plus péniblement des phénomènes pourtant normaux, comme des ballonnements, flatulences, etc. Le moindre écart alimentaire, anxiété, trouble du sommeil, changement de lieu, etc. peut influer sur les intestins provoquer inconfort et sensibilité.

La digestion : ce long processus


Les symptômes de l’intestin irritable peuvent être déclenchés par de nombreux facteurs : fatigue, stress, changements dans le quotidien, voyages, repas trop riches ou pas assez équilibrés, etc. Néanmoins, il n’existe pas de causes précises connues, ce qui en fait une maladie assez compliquée à soigner.

Ce qui est sûr, pour les malades, c’est que les symptômes persistent et oscillent entre périodes de crise et d’accalmie, jusqu’à la prochaine rechute.

Les études auprès de malades, mises en place par l’APSSII, notent que l’alimentation est un aspect important de la maladie. Deux tiers des patients établissent, en effet, un lien entre leurs symptômes et l’alimentation. Les troubles digestifs sont associés à la vitesse de passage des aliments dans le côlon et dans le gros intestin :

Syndrome de l'Intestin Irritable

  • Lorsque les phases de contraction et de relâchement des muscles intestinaux sont plus rapides ou plus fortes que la normale, le côlon n’a pas le temps d’absorber l’eau contenue dans les aliments. Cela provoque une diarrhée.
  • Lorsque les contractions sont plus lentes et plus faibles que la normale, le côlon absorbe trop de fluides, ce qui entraîne la constipation.

La digestion est un des facteurs le plus important du SII. Si la flore intestinale présente des anomalies, alors le processus est fragilisé et provoque des crises.

Les bons réflexes à adopter au quotidien


Syndrome de l'Intestin IrritableVoici quelques conseils que vous pouvez facilement appliquer au quotidien :

  • Bien prendre ses repas : Mangez à horaires réguliers, et ne sautez pas de repas, donc 3 par jour ! Mangez lentement et mastiquez bien vos aliments, pour faciliter la digestion. L’important est de prendre son temps, car si vous mangez trop vite, vous avalez beaucoup d’air ce qui favorise les ballonnements.
  • Pratiquer une activité sportive : Pour moi, les sports aquatiques sont les plus bénéfiques, car ils font aussi office de massage des intestins.
  • Diminuer au maximum le stress journalier : Octroyez-vous des moments de pauses, relaxation, yoga, etc. au cours de votre journée, si celle-ci est mouvementée.

>> Consultez notre article sur les 10 positions de yoga pour une séance rapide de 15 minutes.

Alimentation et microbiote rééquilibrés


Pour le Dr en gastro-entérologie Philippe Godeberge, un microbiote déséquilibré joue un rôle majeur dans le Syndrome de l’Intestin Irritable. Ce déséquilibre de la flore intestinale perturbe le transit en favorisant l’absorption de toxines et la fermentation des bactéries de certains aliments dans le tube digestif.

Varier son alimentation est souhaitable car cela assure la richesse du microbiote. – Dr Philippe Godeberge

Certains aliments sont donc à privilégier et d’autres à éviter. Voici quelques conseils alimentaires :

Les fibres alimentaires

Syndrome de l'Intestin IrritableConsommez des fibres alimentaires en quantité normale, et répartissez-les sur toute la journée. L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) fixe l’Apport Satisfaisant en fibres à 30 g de fibres alimentaires par jour, pour assurer une fonction intestinale correcte. Attention, faites bien la différence entre fibres solubles et insolubles :

  • Augmentez la consommation de fibres solubles, douces pour l’intestin : avoine (flocons, son, farine), orge, seigle, figues sèches, algues, courgette, asperge, etc. Attention toutefois, un apport excessif augmente les ballonnements.
  • Réduisez la consommation de fibres insolubles, qui stimulent les contractions de l’intestin : blé entier, son de blé, épeautre, kamut, rhubarbe, brocolis, choux de Bruxelles, poire, dattes, amandes, etc.

>> Consultez notre article complet sur : Des fibres pour mon transit et ma santé

La vitamine D

Syndrome de l'Intestin IrritableUne étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Sheffield en Grande-Bretagne indique qu’une carence en vitamine D s’associe souvent aux dysfonctionnements de l’intestin.

  • Aliments riches en vitamine D à privilégier : poissons gras (saumon, truite, thon, etc.), jaune d’œuf, abats, soja bio, champignon de Paris, etc.

Les aliments à privilégier au quotidien

Syndrome de l'Intestin IrritableAu quotidien, consommez de préférence des viandes et poissons grillés ou cuits à la vapeur. Pour les fruits et légumes, mangez-les cuits et sans leur peau :

  • Légumes à privilégier : salade verte, artichaut, asperge, aubergine, betterave, courgette, endive, haricot vert, poireau.
  • Fruits à privilégier : abricot, nectarine, pêche.

Les aliments à éviter ou à diminuer

Réduisez (voire écartez) la consommation d’aliments trop gras et ceux trop irritants, comme les épices, alcool, café, boissons gazeuses et fermentées, etc.

  • Fruits et légumes à éviter : brocolis, choux, chou-fleur, crudités, lentilles, haricots secs, ail, oignon, échalote, pomme, pruneau.
  • D’une manière générale, diminuez la consommation d’aliments riches en fructose et certains sucres dits « fermentescibles » : les FODMAPs.

Un régime pauvre en sucres « fermentescibles »


 

La fermentation dans notre tube digestif est accrue par les bactéries de certains glucides des aliments, qui produisent un excès de gaz. Ces bactéries sont regroupées sous l’acronyme FODMAPs :

Syndrome de l'Intestin Irritable

Traduit en français, cela signifie : « oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles par la flore intestinale »

Il s’agit de certains sucres et hydrates de carbone (fructose, lactose, édulcorants comme le sorbitol, etc.) dits fermentescibles. Ils sont responsables des douleurs abdominales, ballonnements et gaz, du fait de leur mauvaise absorption par le tube digestif et de la fermentation qu’ils entraînent.

Suivre un régime pauvre en FODMAPs permettrait de soulager les symptômes de l’intestin irritable, selon une étude dirigée au King’s College London en 2017.

> Diminuez (sans exclure) la consommation d’aliments riches en FODMAPs :

Syndrome de l'Intestin Irritable

La composition en fibres, vitamine D, polyols des aliments précédents sont issue de la Table Ciqual de 2017, la base de données de l’ANSES.

Aromathérapie : des solutions douces pour le transit


En traitement de fond pour réguler le transit, diminuer les ballonnements et les spasmes, je vous conseille 2 solutions 100 % naturelles :

L’Huile essentielle de menthe poivrée

Syndrome de l'Intestin IrritableElle a des propriétés antispasmodiques, qui détendent les muscles lisses des intestins. Sa capacité à soulager les symptômes du Syndrome de l’Intestin Irritable est reconnue par la Commission européenne.

  • Par voie orale : Mangez un sucre (ou une cuillère de miel) sur lequel vous aurez déposé 2 gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée. Vous pouvez aussi versez 2 gouttes dans votre infusion.
    Renouvelez deux fois par jour jusqu’à la disparition des symptômes.
  • Vous pouvez aussi consommer l’huile essentielle de menthe poivrée sous forme de capsules ou de comprimés enrobés, dont le contenu est directement libéré dans l’intestin.

Huile de Massage antispasmodique et digestif

Pour faciliter le transit, rien de tel qu’un bon massage du ventre, dans le sens des aiguilles d’une montre. Pour bonifier le massage, utilisez des huiles essentielles aux vertus antispasmodiques et digestives.

Syndrome de l'Intestin IrritableVoici la recette de préparation :

  • 25 gouttes d’HE de basilic exotique (ocimum basilicum)
  • 25 gouttes d’HE de camomille noble (chamaemelum nobile)
  • 20 gouttes d’HE de gingembre (zingiber officinale)
  • 20 gouttes d’HE de mandarine zeste (citrus reticulata)
  • 25 gouttes d’HE d’estragon (artemisia dracunculus)
  • 60 ml d’huile végétale de noisette

Appliquez 5 à 6 gouttes du mélange sur le ventre et massez dans le sens des aiguilles d’une montre. Renouvelez 2 à 3 fois par jour.

Attention : les huiles essentielles sont déconseillées aux femmes enceintes et allaitantes, aux épileptiques et aux enfants de moins de 6 ans.

Où acheter les huiles essentielles ?

Huiles essentielles et capsules sont vendues en magasins bio, pharmacies ou sur Internet.

Si vous avez le moindre doute, je vous conseille de consulter un praticien des médecines alternatives (aromathérapeute, naturopathe, homéopathe, etc.)

Sources et références : 
apssii.organses.fr – European Journal of Clinical Nutrition – gastrojournal.org – college-aromatherapie.com

N’attendez pas que les crises s’installent et soignez-vous au naturel ! Partagez ces bons réflexes avec vos proches :

 

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